L'allaitement maternel, L'aventure de ma vie.

Thursday, October 25, 2018

8 mois... J'aurai allaité Aria 8 mois... Bon, en réalité, elle tète encore un peu la nuit pour se rassurer, mais je sens que ce sont les dernières tétées... Que d'ici quelques jours, l'aventure de l'allaitement sera définitivement terminée entre elle et moi. Même si je risque de repenser à ces instants avec nostalgie, je suis très fière de voir ma fille grandir. Je vous partage, dans les paragraphes qui vont suivre, mon allaitement en toute transparence.


L'allaitement, une évidence. 


Mon histoire personnelle


Très longtemps avant même d'être enceinte d'Aria, j'ai toujours su que je voulais allaiter. J'ai toujours été entourée de femmes allaitantes dans ma famille, et les ai toujours regardées avec beaucoup d'admiration et d'envie. Ma mère nous a allaité ma soeur, mon frère et moi pendant deux mois environ.

C'était un choix évident pour moi et ne me suis jamais posée la question. Ça me tenait à coeur et je savais que si l'allaitement ne venait à pas marcher et ne pas se mettre en route, je vivrais mal.

Lorsque je suis tombée enceinte, j'ai commencé à me documenter plus sérieusement sur le sujet et ai commencé à côtoyer des mamans. Ce que je voyais souvent revenir sur le tapis est que l'allaitement était quelque chose de beau, certes, mais qu'il était difficile à débuter. J'ai lu ou entendu beaucoup de témoignages de femmes qui ont fini par abandonner parce qu'elles trouvaient l'allaitement trop prenant, épuisant, ou alors les tétées les faisaient souffrir (crevasses, etc.).

On entend souvent aussi qu'un bébé allaité est un enfant plus dépendant de sa maman... Mais, tout à fait personnellement, je ne connais aucun enfant qui n'est pas dépendant de ses parents. Biberon ou non, un bébé a besoin de ses parents pour son bon développement... L'allaitement est un geste primitif, et si la nature est faite ainsi, c'est qu'il y a, à mon sens, une raison. Bien sûr, ceci n'est pas une critique à l'égard des mamans qui biberonnent. C'est juste une conviction personnelle.

Tous ces discours ne m'ont jamais dissuadée d'allaiter. Je me disais que si ma famille m'avait toujours dit que l'allaitement était génial, c'est qu'elle devait avoir raison.

Préparer le corps à l'allaitement


À la fin de ma grossesse, j'ai choisi de préparer mon corps à l'allaitement du mieux que je pouvais. Pendant mon neuvième mois de grossesse, je massais régulièrement ma poitrine afin de faire monter le colostrum. Cependant, c'est une manipulation qu'il ne faut surtout pas débuter avant le début du neuvième mois, puisque la stimulation de la lactation fait sécréter des hormones qui peuvent déclencher des contractions, et donc, un travail. 

J'ai également commencé à manger davantage d'aliments (parfois un peu à contre-coeur) supposés stimuler la lactation. Et bien évidemment je buvais énormément (en moyenne 2 litres d'eau par jour).

Pour éviter les vergetures avec les montées de lait, j'ai crémé ma poitrine quotidiennement tout au long de la grossesse avec du beurre de karité et de l'huile d'amande douce. La poitrine s'abîme très facilement pendant la grossesse puisqu'elle gonfle et se transforme énormément. Il est important d'en prendre soin.

Mes achats avant l'accouchement


Les premiers achats indispensables lorsque l'on veut allaiter sont les soutiens-gorge d'allaitement. J'ai profité des soldes car ils sont généralement hors de prix. J'en ai achetés 4 au total. Deux plutôt confortables que je portais même la nuit. Puis deux autres plus esthétiques pour la journée et pour avoir moins l'air d'un sac à patate. Même si j'avoue que les 4 premières semaines après l'accouchement, je n'ai porté que les deux premiers que j'ai évoqués...

J'avais acheté un coussin d'allaitement qui m'a surtout servi à la maternité, puis une fois à la maison, je me suis très vite sentie à l'aise sans. Mais je pense que c'est un achat indispensable malgré tout, puisqu'il vous sauvera de nombreuses nuits en fin de grossesse.

Je conseille également d'acheter des protège mamelons en silicone. La marque Avent en fait qui sont très bien. Si vous préférez attendre d'être à la maternité, ils en fournissent généralement mais ils ne seront pas forcément adaptés à la taille de vos tétons (ce qui peut fortement déformer vos bouts de seins).

Pensez aussi à faire un petit stock de deux ou trois paquets de tisanes d'allaitement. La plus efficace est de très loin celle de la marque Weleda. En plus de tenir la promesse de stimuler la production de lait, elle est composée de produits bio. Concernant le goût, je ne suis pas objective du tout puisque j'ai horreur du fenouil et de tout ce qui peut avoir un goût proche de l'anis... J'ai donc pris sur moi, et avec l'habitude, cela ne me faisait plus rien d'en boire.

En ce qui concerne le tire-lait, je vous recommande fortement de ne rien acheter avant l'accouchement. À la maternité, les sages-femmes vous prescriront des téterelles qui vous seront remboursées. Elle vous feront également une ordonnance pour la location d'un tire-lait. Je vous recommande de très loin le tite-lait Medela Symphony, reconnu comme le meilleur de tous par tous les professionnels. La manière dont il pompe le lait ressemble vraiment à la tétée d'un bébé et donc stimule très bien la lactation.

Cependant, peu importe le tire-lait que vous choisirez, faites très attention à la taille des téterelles. Elle doit être adaptée à la taille de votre téton. Cela semble bête, mais des téterelles à la bonne taille permettent de stimuler au mieux la lactation, un meilleur écoulement du lait et de préserver vos mamelons... La taille de vos mamelons peuvent évoluer au cours de l'allaitement, et si c'est le cas, n'hésitez pas à changer de téterelles. Le lien suivant explique tout très clairement. Si je vous donne ce conseil, c'est parce que je l'ai eu trop tard, et c'est avec regret. Mes seins ont souffert des débuts de l'allaitement, et des nombreuses heures de pompages avec des téterelles trop grandes...

Après l'accouchement


Deux premiers mois difficiles...


Je me souviens de cette première tétée d'accueil donnée à Aria. C'est à ce moment là que j'ai compris que l'allaitement était naturelle, mais en aucun cas un geste inné. Lorsque j'ai posé Aria sur mon ventre, elle a commencé à chercher d'elle-même mon sein. Je l'ai laissée faire, et la regardais avec amour. Lorsqu'elle a trouvé mon mamelon, elle a commencé à téter et j'ai ressenti une sensation toute douce... J'étais émerveillée... Heureuse... Puis soudainement, la puéricultrice m'a dit "oh lala, mais ne la laissez pas faire ça, elle tète mal, vous allez avoir des crevasses !". Sans que je n'ai eu le temps de répondre, l'auxiliaire de puériculture a pincé mon sein, l'a correctement positionné dans la bouche d'Aria (j'avoue avoir été très surprise de cette manipulation sans même qu'elle m'ait demandé l'autorisation), et là Aria a commencé à vraiment téter .... J'ai regardé Cyril et lui ai dit "Mon dieu j'ai l'impression d'avoir le mamelon coincé dans le tuyau d'un aspirateur !!!". J'étais en effet très surprise par la force de succion d'un aussi petit être. Mais Aria s'est très vite arrêtée car les bébés n'ont pas faim à la naissance.

Les jours qui ont suivi se sont avérés très difficiles. Aria avait énormément de glaires et en a beaucoup souffert.  Les glaires sont des restes de liquide amniotique dans l'estomac du bébé. Ce liquide, en même temps qu'il peut faire souffrir le bébé environ 48 heures, tient également au ventre, et nourrit le bébé. C'est généralement la raison pour laquelle les bébés dorment énormément les deux ou trois premiers jours de vie sans avoir faim. Aria en avait tellement qu'elle a presque refusé de téter pendant ses 3 premiers jours de vie. Pour stimuler ma montée de lait, j'ai donc dû utiliser un tire-lait dès les premiers jours. J'essayais de donner à Aria le colostrum que je tirais à l'aide d'une pipette. J'étais vraiment très frustrée de la nourrir de cette manière et étais très stressée à l'idée que ces premiers jours sans aucune tétée puissent faire échouer tout mon allaitement. 

Les seules fois où Aria a essayé de téter pendant mon séjour à la maternité, elle a très vite arrêté. Elle semblait gênée et n'arrivait pas à prendre le sein correctement, malgré l'aide des auxiliaires. Le passage du pédiatre a vite résolu le problème puisqu'il a tout de suite vu qu'elle avait un frein de langue qui l'empêchait de téter correctement et qui devait très certainement lui faire mal. Le pédiatre lui a donc coupé. Aria n'a rien senti et cela l'a vraiment aidée par la suite...

Toutes ces péripéties m'ont valu une bonne petite dépression post-partum. J'ai énormément pleuré pendant deux jours. J'étais effrayée de rentrer à la maison alors que je n'arrivais toujours pas à m'installer correctement pour les tétées et à donner le sein à ma fille sans appeler les auxiliaires pour vérifier si je faisais les choses correctement. 

Et finalement, dans la nuit du mercredi au jeudi, Aria a fait sa première vraie tétée. J'ai ressenti un soulagement incroyable. Lors de la pesée du jeudi matin, Aria avait enfin pris du poids (après être descendue à 2kg900, contre 3kg220 à sa naissance). Cette prise de poids était le feu vert pour notre retour à la maison. Les pédiatres m'ont proposé de rester une journée de plus si cela me rassurait, mais j'ai finalement choisi de ne pas reculer et de faire le grand saut. 

Les jours suivants n'ont pas été simples non plus. Après avoir été rassurée à la maternité, j'ai à nouveau été stressée par une prise de poids anarchique lors des semaines qui ont suivi.  Un jour Aria prenait énormément de poids, le lendemain pas assez. Cette prise de poids instable nous a valu un suivi un peu plus important que la normale. Une puéricultrice de la PMI passait régulièrement pour peser Aria. On me demandait de boire 3 à 4 tisanes d'allaitement par jour pour stimuler ma lactation. Je pleurais très régulièrement en disant à Cyril que je ne savais pas si j'allais continuer, que c'était trop de soucis et que je n'en pouvais plus...

L'auxiliaire de la PMI me disait également de réveiller Aria la nuit car elle dormait soit-disant trop... J'ai fait le choix de ne jamais réveiller ma fille car j'estime qu'un enfant ne se laisse pas mourrir de faim (je n'inclus pas les bébés prématurés ou les bébés au poids trop faible qui pourraient ne pas ressentir la faim...). Ce n'est donc pas un conseil que je donne mais un simple retour sur mon expérience personnelle.

Puis est arrivée la visite du premier mois chez le pédiatre. J'avais choisi de me rendre chez le Dr.  Philippe Sachs, et je peux vous dire que c'est de très loin le médecin le plus compétent que j'ai rencontré de ma vie. Si vous êtes sur Vannes, je vous recommande vivement de faire suivre votre enfant chez lui. Lorsque le pédiatre a pesé Aria, il s'est montré très rassurant en m'expliquant que la prise de poids sur le mois entier était bonne. Qu'il ne fallait pas s'acharner à peser mon bébé tous les jours et surtout que je faisais très bien les choses.... À la sortie de ce rendez-vous, j'ai appelé la PMI pour annuler les prochaines pesées. On m'a bien évidement demandé pourquoi je ne souhaitais plus être suivie, et j'ai tout simplement expliqué que le pédiatre s'était montré très rassurant. Et depuis ce jour, je n'ai plus eu aucun problème, et n'ai plus été angoissée à ce sujet. 

Il m'a également été difficile de me rendre compte que j'idéalisais certains aspects de l'allaitement, y compris le rôle que le père pouvait jouer dans celui-ci. Je disais souvent avant d'accoucher que je tirerais souvent mon lait de manière à ce que Cyril puisse lui aussi nourrir sa fille. Mais j'ai vite saisi mon erreur quand j'ai vu que ma fille se calmait beaucoup plus vite à mon sein qu'au biberon. Cela a d'ailleurs été la source de pas mal de frustrations. Sans trop se rendre compte, mon mari gardait très peu Aria dans les bras lorsqu'elle pleurait en pensant systématiquement qu'elle avait envie de téter. Cela nous a valu quelques conflits parfois où je lui ai dit qu'il était autant capable que moi de soulager sa fille et qu'il était nécessaire qu'il se fasse confiance. Attention, ceci n'est pas une critique à l'égard de mon mari. Beaucoup de femmes que j'ai rencontrées depuis ma grossesse ont fait face exactement le même problème avec leur conjoint. Les papas ont besoin d'apprendre à se faire confiance et dans la parentalité, rien n'est une évidence. Je ne dis pas non plus que tous les hommes réagiront comme le mien, mais je voulais partager mon expérience avec transparence. 

Je pense d'ailleurs que j'ai parfois pu être à fleur de peau et prendre mal le moindre fait et geste que Cyril pouvait faire... Pour exemple, même si il se levait pour aller chercher Aria pour les tétées de nuit, j'était très agacée quand je le regardais somnoler ou dormir tranquillement pendant que moi je luttais pour ne pas m'endormir et étouffer ma fille avec mes seins énormes...


Mon évolution dans l'allaitement


Comme je l'expliquais, même si avec Cyril nous nous sommes parfois retrouvés en conflit, nous avons appris à relativiser certaines situations et j'ai surtout appris à savourer les tétées au fur et à mesure où ma fille s'est régulée.

Au tout début de mon allaitement, je me cachais en permanence derrière un lange, ou un tissu avec toujours la peur au ventre du regard des gens. J'ai appris à me détacher de cela et à n'avoir que faire que quelqu'un puisse voir un bout de mon mamelon (bon, je ne fais pas non plus de l'exhibitionnisme, mais on ne contrôle pas toujours les mouvements et réactions de notre bébé...). 

Une fois toutes les difficultés passées, j'ai vraiment découvert cet instant magique dont parle toutes ces femmes. Cet échange de regards si intense, les petits bruits d'amour de bébé pendant la tétée... C'est un vrai moment câlin que j'ai adoré partager avec ma fille. 

Je n'arrive pas à décrire ce que je ressentais quand je regardais ma fille téter tellement cela m'émeut et m'apaise. Mes moments préférés étaient de loin les tétées du soir, lorsque je lui chuchotais des comptines ou des histoires à l'oreille. Elle esquissait parfois un sourire avant de continuer son repas.

On m'a souvent parlé des pics de croissance qui sont très difficile à vivre pour les mamans puisque le bébé se montre plus demandeur pendant ces périodes (qui peuvent parfois durer jusqu'à 8 jours). Je n'en ai jamais trop bavé à ce niveau avec Aria. Elle n'a fait qu'un seul vrai pic de croissance qui m'a valu une nuit blanche, mais dans l'ensemble, les nuits des 6 premiers mois se sont très très bien passées. Tellement bien passées que j'étais parfois obligée de la réveiller pour qu'elle tète car ma poitrine me faisait souffrir et était complètement engorgée.

Je mesurais aussi la chance que j'avais de pouvoir mener cette aventure lactée, quand certaines femmes qui souhaitaient tant allaiter n'en avaient malheureusement pas la possibilité autour de moi.

Avant d'accoucher, je disais souvent que je souhaitais allaiter Aria, mais que je tenais à ce qu'elle soit sevrée à l'âge de 6 mois... Mais j'ai finalement choisi de faire durer ces instants un peu plus longtemps avant d'y mettre fin depuis peu.

Ces paragraphes positifs semblent courts comparés à toute la partie détaillée sur les difficultés que j'ai rencontrées. Mais si je ne m'étale pas sur le positif c'est tout simplement parce que je ne trouve pas les mots pour qualifier le bonheur et tous ces sentiments positifs que j'ai pu ressentir pendant plus de 8 mois. La seule chose que je peux vous dire qui vous fera imaginer la puissance de ces sentiments, c'est que cela valait la peine de ne pas craquer au début, de continuer à allaiter malgré la fatigue, la poitrine qui gonfle... Que si je revenais en arrière, je ne changerais rien à tout cela. Cela n'a pas toujours été facile, mais je suis triste et nostalgique de devoir effacer ces moments de mon quotidien, même si cela signifie regagner en indépendance, et en faire gagner à ma fille.

Le sevrage

Cette étape, comme tout le reste, dépend de chaque enfant. Elle est finalement aussi difficile pour la maman que pour le bébé. J'ai allaité Aria exclusivement jusqu'à plus de 5 mois. J'ai ensuite commencé la diversification alimentaire sur les conseils du pédiatre et Aria adore goûter de nouvelles choses. À 8 mois, elle a déjà ses fruits et légumes préférés... Mais je ne m'étale pas davantage sur le sujet, je ferai un article plus détaillé sur la diversification dans quelques semaines. 

J'ai ensuite débuté le sevrage aux alentours de mi-septembre, quand Aria a eu environ 7 mois, en cessant petit à petit à l'allaiter la journée. Cela a été facile car j'ai repris le travail à 75%. Elle n'avait donc pas d'autres choix que de prendre son biberon. Les tétées du matin et du soir ont été plus compliquées à supprimer puisqu'elles étaient les plus longues, et elles étaient généralement synonymes de retrouvailles après de longues heures de séparation (par le sommeil, ou après une journée de travail). Aria a refusé de prendre une tétine jusqu'à ce que je décide de supprimer la tétée du soir. Quand elle s'est rendue compte qu'elle serait obligée de faire sans mon sein, elle a alors accepté la tétine pour combler son besoin de succion. 

Je tente doucement de la sevrer lorsqu'elle souhaite téter la nuit, mais elle pleure encore beaucoup lorsqu'elle voit arriver le biberon, ou lorsqu'elle se tourne vers moi pour un câlin et ne trouve pas mon sein... Nous sommes cependant sur la bonne voie. Je lui explique régulièrement que l'allaitement doit s'arrêter, que cela fait partie de la suite normale des choses, mais que je serai toujours là pour elle et la rassurer autrement. 

En ce qui concerne le choix du lait artificiel, je vous recommande de demander conseil à votre pédiatre. Les professionnels ne sont pas tous du même avis sur le sujet. Il faudra ensuite faire en fonction de votre bébé qui pourra aimer ou non le goût du lait que vous choisirez, ou encore le tolérer ou non. Nous avons personnellement opté pour du lait artificiel à base de lait de chèvre puisque certaines études ont démontré que les hormones trouvées dans le lait de chèvre sont plus adaptées aux bébés que les hormones que l'on trouve dans le lait de vache. Nous sommes également de grands amateurs de produits bio, nous estimons que cette façon de consommer est un investissement pour notre santé et celle de notre fille, il allait donc de soi que nous choisirions un lait maternisé bio. Nous prenons généralement les gammes Capréa de chez Babybio ou Prémichèvre de chez Prémibio. Les boîtes coûtent assez cher mais encore une fois, c'est un choix fait avec nos convictions personnelles et sommes convaincus que cet investissement est pour la bonne santé de notre fille.


Quelques petits conseils


Quelques petites infos à savoir...


Tout d'abord, je vais reprendre les paroles d'un certain nombre de mamans, mais les débuts de l'allaitement sont difficiles et il faut en être consciente si on ne souhaite pas baisser les bras. Bien évidemment chaque femme est différente, tous les bébés sont différents, et par conséquent, tous les allaitements sont différents. Vous allez donc rencontrer des difficultés et / ou des facilités différentes des miennes. Les professionnels disent généralement qu'une fois les 15 premiers jours passés, la maman et le bébé commencent à prendre leurs habitudes et donc l'allaitement devient plus facile.

Ce qu'il faut prendre en considération (et c'est une information que l'on a tendance à zapper lorsque les sages-femmes en parlent en préparation à l'accouchement) est que l'allaitement prend énormément de temps les deux premiers mois environs. Les mots qui reviennent souvent chez les femmes allaitantes lors des les premiers mois de bébé sont "J'ai l'impression de ne faire que donner la tétée !".

Le bébé est très demandeurs car le lait maternel se digère en 20 minutes (contrairement au lait artificiel qui se digère beaucoup plus lentement). Un bébé nourrit au sein est nourrit à la demande. Il va donc peut être téter 20ml lors d'une première tétée, et redemander 20 minutes plus tard pour téter 150ml. Impossible de savoir combien le bébé boit, sauf si vous tirez votre lait et lui donnez au biberon, mais je parle en quantité de lait ingérer et non pas en temps de tétée puisque le débit des seins de chaque femme est différent. Les tétées sont donc parfois longues et très rapprochées...

Si l'allaitement vous tient vraiment à coeur, je ne peux que vous encourager à tenir lors des deux ou trois premiers mois qui sont généralement les plus difficiles, jusqu'à ce que l'enfant se régule. Aria a mis environ deux mois à espacer les tétées, mais encore une fois, cela dépend des bébés. Pour d'autres bébés, cela va prendre un petit peu plus de temps, pour d'autres un peu moins... Si vous décidez de mettre fin à votre allaitement, alors soyez fières de vous, ne regrettez rien. C'est déjà tellement bien d'avoir envie d'essayer et d'être allées jusque là où vous êtes arrivées. 

En ce qui concerne la conservation du lait. Une fois tiré, il se garde 4 heures à température ambiante, 48 heures au réfrigérateur et 3 mois au congélateur ! Ces durées ne sont bien évidement pas cumulables, vous vous en doutez. 

Pour celles qui se demandent à quel moment tirer leur lait, encore une fois, cela dépend de vous, de votre bébé, de votre lactation, etc. Aria tétait trop souvent les premiers mois pendant la journée. Je ne pouvais donc pas me permettre de le tirer tant qu'elle était éveillée. Mais étant donné qu'elle dormait jusqu'à 12 heures la nuit, je me réveillais généralement vers 2 heures du matin pour vider ma poitrine. Cela m'a permis de faire du stock pour la reprise du travail et d'allaiter Aria jusqu'à aujourd'hui.

Si vous rencontrez des difficultés persistantes pendant l'allaitement, n'hésitez pas à consulter un médecin généraliste ou un pédiatre pour vérifier si votre bébé n'a pas de RGO (reflux gastro-œsophagien) ou si vous n'avez pas un REF (réflexe d'éjection fort). On en entend peu parler et pourtant beaucoup de femmes ont ce problème.

Pour stimuler la lactation, il existe une multitude de petites astuces. En voici quelques unes :

- boire plusieurs tisanes d'allaitement par jour
- prendre des comprimés de levure de bière
- manger une dizaine d'amande tous les matins
- boire 2 litres d'eau par jour
- prendre de l'homéopathie (parlez-en à votre sage-femme)
- etc.

Pour mon prochain allaitement


Je pense que je serai plus préparée aux difficultés de l'allaitement et vivrai donc les choses de façon moins difficile quand bébé 2 arrivera. 

Je me prendrai beaucoup moins la tête en regardant la courbe de poids de mon prochain bébé, et me ferai tout simplement confiance. 

Et sans aucune hésitation, je peux dire que je suis prête à allaiter de nouveau au moins 6 mois. 

Et je terminerai par un petit message à toutes les mamans, qu'elles allaitent ou non. Les seuls conseils que je peux vous donner est de vous faire confiance, de croire en vous et votre bébé, et de profiter de ces instants si précieux même si ils paraissent parfois éprouvants. 

«Parlons dînette !»

Je suis très heureuse de vous parler de la création de «Parlons dînette !»


Le bel étage cosy du Bagel Ouest Café
où nous aurons la chance de nous retrouver

Ce premier café des parents aura lieu le 15 décembre 2018 de 16 heures à 18 heures 30 au Bagel Ouest Café à Vannes. Nous pourrons accueillir 15 personnes maximum (hors bébés et enfants). J'ai choisi comme premier thème "les premiers mois de bébé". Si vous êtes futurs parents, venez parler de vos craintes et vos envies concernant l'arrivée de bébé dans vos vies. Vous êtes parents de petits bouts de choux ? Venez échanger sur vos vécus et venez poser toutes les questions qui vous viennent à l'esprit sur le sujet. Parents plus expérimentés, venez discuter de vos expériences personnelles qui aideront, j'en suis sûre, bon nombre de futurs parents. 

«Parlons dînette !» sera un moment d'échange et d'entraide entre parents. J'ai hâte de vous y rencontrer et de papoter avec vous autour d'un café, d'un thé ou des gourmandises concoctées par Béatrice et Frédéric.

Vous pouvez désormais vous inscrire en cliquant ici ou téléphoner au 06.81.34.73.59 pour réserver.





24 février 2018, 16H22. Ma rencontre avec Aria.

Wednesday, October 17, 2018

Je pense que je n'ai pas fini de verser des larmes en écrivant cet article puisque je vais parler de mon TRÈS LONG accouchement...


Une fin de grossesse moralement difficile


Comme je l'expliquais dans mon article sur ma grossesse , le dernier mois a été très difficile à vivre physiquement et moralement... Je ne supportais plus d'être enceinte. La moindre contrariété me faisait exploser émotionnellement, je ne supportais plus de me voir grossir, j'avais mal partout et aussi très envie d'enfin rencontrer mon bébé. Ma sage femme m'avait dit qu'elle pouvait me proposer un décollement des membranes à 39 SA si vraiment je n'en pouvais plus, la seule condition étant que mon col devait être ouvert... Arrivée à 39 SA mon col était simplement ouvert vers l'extérieur, et même si il avait été ouvert complètement, je ne sais pas si j'aurais décidé de passer par cette douleur (à en croire les témoignages de nombreuses mamans, un décollement des membranes est plus douloureux que les contractions !!). 

Mais me voilà arrivée à 40 SA, bébé toujours au chaud, et le col toujours bien fermé... J'essayais tout ce qui était recommandé pour faire descendre bébé et maturer mon col (tisane de feuilles de framboisiers, homéopathie, ménage, 30 minutes de marche presque tous les jours, sans parler de la dernière séance de cuisses abdos fessiers que j'ai faite 10 jours avant d'accoucher...). En voyant que rien ne faisait effet, j'ai fini par appeler ma sage femme en lui disant "pitié, faites moi une séance d'acupuncture JE N'EN PEUX PLUS !! C'est la dernière solution qu'il me reste !!!". 

Le mercedi 21 février 

Je me rends à 11h30 chez ma sage femme pour mon rendez-vous. J'y vais pleine d'espoir. Elle m'explique qu'elle va placer les aiguilles à des points très sensibles qui aideront probablement la nature. Une fois les aiguilles posées, j'ai dû attendre une trentaine de minutes. J'en avais dans le dos, au dessus du pubis, au niveau des chevilles, des pieds, etc. Bref un peu sur tous les points dits "abortifs" du corps ! Après la séance, la sage femme me dit "Ça devrait faire effet d'ici 48 heures... Si dans 48 heures il ne se passe toujours rien il faudra revenir !". Je quitte le cabinet pleine d'espoir en me disant que c'est peut être la bonne. Je souhaitais secrètement devoir me rendre à la maternité avant la fin de la journée mais les contractions ne sont jamais arrivées... Mais je ne me doutais pas que moins de 48 heures plus tard, j'allais être pliée en deux de douleurs dans une salle de travail...

Le jeudi 22 février

Avec ma copine Léna, alors enceinte de deux mois de moins que moi, nous avions décidé de nous retrouver à mon domicile dans l'après-midi pour papoter autour d'un petit thé. Depuis le matin je marchais complètement en canard, j'avais des grosses douleurs dans le bassin et comme des douleurs de règles... Mais rien de criant. Mon amie en me voyant s'est un peu moquée (parce qu'il faut dire que je faisais vraiment pitié à voir, ahah !). En fin d'après-midi, alors que nous étions en train de nous dire au revoir elle me dit "Allez, c'est la dernière fois que je te vois sans ton bébé !". Ce à quoi j'ai répondu "Si seulement mais je n'y crois plus !"... Et pourtant, quelques heures plus tard j'allais devoir me rendre à la maternité...




La dernière ligne droite


Le vendredi 23 février, 00h12


Je suis réveillée par une grosse contraction. Étant donné que ça m'était déjà arrivé dans le passé, j'essaye de me rendormir, mais une seconde arrive très vite, assez intense elle aussi. Je décide alors de prendre mon téléphone et de chronométrer la durée entre chacune d'entre elles. Je me rends compte qu'elles sont intenses et espacées de 10 à 12 minutes. Je décide de me lever, de prendre doliprane et spasfon comme le recommandent les sages femmes (pour celles qui ne savent pas : si les douleurs passent, alors c'est un faux travail... Si elles ne passent pas au bout d'une heure, c'est généralement qu'il faut se rendre à la maternité), et d'aller faire des exercices de Swiss Ball tout en continuant à chronométrer. À 1h30, mes contractions se sont rapprochées. Une toutes les 7 minutes. En voyant cela, et en sentant les douleurs s'intensifier malgré les médicaments, je commence à me dire que cela doit être le moment... J'avais envie d'y croire. Je vais réveiller Cyril en lui disant que je compte appeler la maternité pour prévenir de mon arrivée. Je lui dis de rester encore un peu au lit le temps que je prenne une douche. J'appelle la maternité, une gentille sage femme me dit de venir quand je le souhaite. Je décide de prendre le temps de relire toutes les listes et de vérifier de nouveau ma valise et celle de bébé. Cyril se lève à son tour, prend une douche, et nous quittons l'appartement à 3 heures du matin pour nous rendre à la maternité


Arrivée sur le parking de l'hôpital, je sens mes contractions s'espacer. Je regarde Cyril d'un air dépité et lui dis "tu vas voir, je suis sûre que nous sommes venus pour rien, j'ai envie de retourner me coucher !". Cyril me dit de quand même aller contrôler. Nous étions sur place, autant en profiter. Une fois à la maternité, la sage femme m'examine le col et il s'était enfin ouvert ! Seulement à un doigt mais il y avait enfin eu une évolution. Col mi-long encore légèrement tonique. Le monitoring montrait quelques contractions assez espacées et peu intenses, donc rien qui ne laissait présager une hospitalisation au premier abord. Cependant, elle finit par remarquer à l'examen que j'ai quelques pertes qui semblent bizarres. Elle décide de faire un test pour vérifier si il s'agit de liquide amniotique. Lorsqu'elle quitte la pièce, je dis à Cyril "tu vas voir, nous sommes venus pour rien, je vais accoucher après terme.". Cyril exaspéré et fatigué préfère ne pas me répondre et attendre de voir les résultats. Cinq minutes plus tard, la porte de la salle de travail s'entrouvre, la sage femme montre sa tête en affichant un très large sourire et me dit "vous avez fissuré ! On vous garde !". Mon visage s'est alors illuminé, la rencontre avec ma fille était pour dans quelques heures, ENFIN ! 


Le début d'une TRÈS LONGUE attente


Il était 4h du matin quand la sage femme m'a annoncé que la poche des eaux était fissurée. Elle me demande à quelle heure je pense l'avoir fissurée, mais ne m'en étant absolument pas rendue compte, je lui répond que je n'en ai aucune idée ! Elle me dit alors qu'on se laisse jusqu'au soir ou lendemain matin pour un éventuel déclenchement si les choses ne se mettaient pas en route, et qu'en attendant j'allais être mise sous antibiotiques pour éviter tous risques infectieux pour le bébé. Je dis à Cyril de rentrer se coucher (nous habitons à 5 minutes de l'hôpital) pour être reposé au moment de la rencontre. Je ne me voyais pas dire à mon mari d'attendre des heures assis sur une chaise. Je savais que j'aurais besoin de lui les jours suivants pour prendre le relai avec bébé de manière à ce que je puisse récupérer un peu de mon accouchement. La sage femme décide me laisser branchée au monitoring jusqu'à 7 heures.




À 7 heures, la sage femme revient et m'annonce que je vais passer en chambre en attendant que le travail se mette en route. On m'installe, je prends un petit déjeuner. Je sens quelques contractions mais rien de bien important. Je commence à faire des exercices de Swiss Ball, à déambuler dans les couloirs de l'hôpital. Cyril s'étant rendu au travail ce matin là (je voulais qu'il garde ses trois jours pour le moment de l'accouchement et pour les jours qui allaient suivre la naissance), il décide de me rejoindre à 12 heures 30 dans ma chambre pour le déjeuner. Il m'accompagne à une première séance de monitoring où rien n'avait évolué depuis le matin 7 heures. Col toujours un peu tonique, ouvert à 1 doigt, pas de contractions régulières, et pourtant des pertes de plus en plus importantes. Il s'est assuré que je n'avais besoin de rien et est reparti travailler. 

De longues heures de souffrance


Dans l'après-midi, j'ai commencé à sentir que mes contractions se rapprochaient et me faisaient de plus en plus mal. Elles étaient intenses mais supportables et espacées de 5 minutes à chaque fois. Vers 15 heures, j'appelais la sage femme pour demander à faire un nouveau contrôle... Mais toujours aucune évolution. Suite à cela, vers 16h30, j'ai alors décidé d'aller marcher plus longuement, de monter et descendre des escaliers. J'ai marché pendant trois heures non-stop, motivée comme jamais. Je suis ensuite retournée dans ma chambre avec des contractions beaucoup plus douloureuses pour me remettre à faire du Swiss Ball. Néanmoins, avec la poche des eaux fissurée, la tête de Aria venait s'écraser contre mon col à chaque contraction... J'ai donc très vite dû arrêter les exercices de Swiss Ball car la douleur était insupportable, je ne tenais absolument plus assise...


Cyril est arrivé en fin de journée pour un nouveau monitoring. Les contractions se faisaient voir sur le monitoring mais étaient trop anarchiques et donc n'avaient aucune efficacité sur le col. Je commençais à avoir vraiment mal mais cela restait gérable. Nous sommes retournés dans ma chambre, avons mangé, puis j'ai eu l'autorisation de prendre une douche chaude pour me détendre. C'est à ce moment là, aux alentours de 21 heures, que les choses ont commencé à sérieusement se corser. Je ne savais plus vraiment dans quel position me mettre, j'étais épuisée, je n'avais pas dormi depuis presque 24 heures et je commençais à le sentir. À 22 heures, nous avons décidé d'éteindre les lumières pour essayer de dormir, mais à 22h30, j'ai fini par allumer et demander à mon mari de partir car j'avais besoin d'être seule pour gérer la douleur (et j'avais vraiment peur de finir par l'insulter !). 


À 23h30, je décide d'appeler une infirmière. Je lui expliquer que la douleur devient insupportable, que je suis épuisée, et que je n'arrive plus à gérer. J'avais beau essayer toutes les astuces de cours des cours de préparation à l'accouchement, rien ne me soulageait. J'avais une terrible envie de dormir mais cette douleur ATROCE me maintenait éveillée. 


Une sage femme vient me chercher à 23h45 pour un nouveau monitoring. Je suis arrivée en salle de travail pleine d'espoir mais au moment de l'examen, la sage femme m'annonce que mon col est toujours dans le même état... Je m'effondre en larmes. La douleur et la fatigue devenaient ingérable. J'avais mal et était éveillée depuis 24 heures et je n'en pouvais plus. Face à mon état, la sage femme me dit : "Bon, j'ai une solution pour vous aider un peu mais ça sera votre seule joker en attendant la salle de naissance et la péridurale... C'est une injection de Nubain, un dérivé de morphine. Ça vous aidera un peu à oublier la douleur et vous reposer. Mais vous ne pourrez en avoir qu'une fois pour éviter toutes complications.".  

Samedi 24 février 2018


L'information n'a fait qu'un tour dans ma tête, je dis à la sage femme que je veux être soulagée et dormir un peu, lâcher prise... Elle m'a alors proposé d'attendre encore une heure pour contrôler le cœur de bébé avant de faire l'injection. J'ai alors été obligée de rester allongée pendant une heure accrochée à un monitoring alors que je ne tenais plus en place tellement la douleur était vive. Vers 1h30 du matin, la sage femme rentre pour me faire l'injection. Au même moment, Cyril me rejoint dans la chambre en me disant qu'il ne tenait plus à la maison en sachant que j'étais seule à l'hôpital à souffrir. Je pleure un peu dans ses bras avant la piqûre. La sage femme lui propose d'aller dormir dans le lit de la chambre que j'avais occupée pendant la journée et qu'elle l'appellerait en cas de problème. Nous nous embrassons avant qu'il ne quitte la pièce, puis la sage femme me fait l'injection


Je ne pense pas avoir dormi mais en tout cas j'ai oublié la douleur pendant 3 heures, j'ai beaucoup déliré, et j'ai enfin pu lâcher prise. Vers 4h30, j'ai de nouveau commencé à ressentir de fortes douleurs mais que je gérais beaucoup mieux puisque j'avais réussi à me reposer un peu. La sage femme revient me voir et m'examine... Mon col n'avait toujours pas bougé... Je perds espoir et je commence à m'imaginer sur la table d'opération pour une césarienne. Elle me propose de prendre une douche chaude pour rester le plus détendue possible : "Vous pouvez rester sous l'eau autant que vous voulez, profitez-en au maximum ! Je reviens vous voir à 7 heures pour un nouvel examen, et si ça n'a toujours pas bougé, je verrai avec les collègues qui prendront la relève pour un éventuel déclenchement."

Je pars m'installer sous la douche. Je ressentais encore quelques effets du nubain (hallucinations, somnolence...). Je finis par sortir de la douche. Cyril passe me voir dans la chambre pour vérifier si tout va bien et pour me dire qu'il va partir prendre un petit déjeuner à la maison. À 7 heures, la sage femme revient. Mon col s'est ramolli mais est toujours dilaté à un doigt. À ce moment là, elle me fait comprendre qu'un déclenchement allait probablement être nécessaire. "Je vais en parler à mes collègues qui vont prendre la relève pour la journée. Je vous souhaite beaucoup de courage pour aujourd'hui ! Ce soir je suis de nouveau de garde et je veux vous voir avec votre bébé dans les bras ! Sortez-moi ce bébé ! Tenez bon !"

Je regarde partir émue la femme qui m'a soutenue pendant cette nuit de souffrance. Vers 9 heures, une autre sage femme entre dans la chambre avec une étudiante. Les deux femmes qui allaient m'aider à la mise au monde de ma petite Aria.... La première me propose de vérifier mon col avant de laisser l'étudiante m'examiner. "Bon, je ne veux rien dire car je veux que ma collègue étudiante se fasse son avis toute seule mais je peux vous dire que nous avons une bonne nouvelle...". Je commence à sourire en me disant que ÇA Y EST le grand moment approche. L'étudiante vient m'examiner à son tour "Votre col est ouvert à trois doigts, vous pouvez passer en salle de naissance !". Les larmes me montent aux yeux... Après une trentaine d'heures de souffrance, je demande à avoir la péridurale pour pouvoir accueillir Aria sans stress... 

Les plus beaux instants de toute ma vie...


Je suis passée en salle de naissance à 10 heures, l'anesthésiste me posait la péridurale à 10h20. J'avais attendu ces instants avec tellement d'impatience, je décidais de savourer chaque seconde. Cyril a pu me rejoindre juste après la pose la péridurale. Nous nous sommes reposés tranquillement. Les sages femmes m'examinèrent une première fois vers 11 heures, col ouvert à 4 doigts... Il nous fallait patienter encore un peu...


Puis les heures passent, mes contractions restent très intenses mais anarchiques, et donc ne font pas vraiment évoluer les choses. Les sages femmes viennent régulièrement pour me faire changer de position pour que bébé appuie à différents endroits de manière à faire maturer le col. Baby Aria, quant à elle supporte très bien tout ce qu'il se passe et attend patiemment l'ouverture de la sortie. Vers 12 heures, mon col étant toujours à 4 cm, les sages femmes décident de m'injecter de l'ocytocine pour réguler mes contractions et les booster. Cyril part manger en me disant de l'appeler si les choses venaient à s'accélérer. 


À 13 heures on col continuant à faire de la résistance malgré des contractions très intenses, longues et régulières, elles décident alors de m'injecter un mélange à base de spasfon  pour ramollir mon col. J'appelle Cyril pour lui dire que les injections qu'elles m'ont faite devraient aider, et qu'il ne faut pas qu'il tarde... Une heure plus tard, elles reviennent m'examiner et là : Alléluia ! J'étais passée à dilatation complète en une petite heure ! Cyril et moi nous regardons, nous sentons la pression monter... Mais il me fallait encore attendre deux heures pour pousser, le temps que Baby Aria descende bien dans mon bassin. 

Pendant ces deux heures, nous avons profité avec Cyril pour prendre quelques dernières photos tous les deux,  blaguer un peu, somnoler main dans la main... Bref nous avons savouré ces derniers instant en tant que couple avant de devenir parents...

Cette seconde où ma vie a basculé...


À 16 heures, les sages femmes s'installent. J'avais décidé d'accoucher sur le côté pour limiter le risque d'épisiotomie et de déchirures, mais aussi parce que cela me permettait d'être face à mon mari qui allait pouvoir m'aider dans la poussée en faisant contre-appui. Et je ne regrette vraiment pas ce choix... Pendant ces 22 minutes de poussée, Cyril et moi ne nous sommes pas lâchés du regard. Il participait et m'aidait dans l'effort. Je ressentais toutes mes contractions sans douleur grâce à une péridurale bien dosée et la présence de mon mari me faisait me sentir sereine. Je sentais son soutien dans son regard. Grâce à cela, je n'ai douté à aucun moment que je réussirais à sortir ma fille. Les sages femmes, adorables, m'encourageaient sans trop prendre de place dans ce moment intime que Cyril et moi vivions pleinement. À 16h22, elles me proposaient d'aller chercher mon bébé prêt à sortir. J'ai tendu les mains, pour sentir les petits bras d'Aria pour la toute première fois... Je la tirais jusqu'à moi. Je la regardais les yeux débordants de larmes. Ça y est, elle était là, contre moi... Je levais la tête vers Cyril dont les yeux étaient mouillés. L'homme que j'aime venait de devenir père. 

Mes premiers mots ont été "alors ? Tu la trouves belle ?" ce à quoi Cyril a répondu "Sans aucun doute, la plus belle du monde.". Après une tétée de bienvenue, Cyril a ensuite suivi Aria pour ses premiers soins. Nous avons fait tous les deux quelques instants de peau à peau avant que ça ne soit lui qui l'habille pour la toute première fois avant notre retour en chambre...

Aria, 30 minutes de vie,
3kg220, 50cm.

Pendant que Cyril prenait soin de Baby Aria, les sages femmes s'occupaient de recoudre les deux déchirures que mon bébé avait laissées derrière elle : 7 points de suture à l'extérieur et 5 à l'intérieur. Aucune nécessité d'épisiotomie cependant. Deux jours plus tard, je n'avais plus aucune douleur. Malgré ces 40 heures de travail, de souffrance, de larmes parfois, ces instants ont été les plus beaux de toute ma vie et j'en suis aujourd'hui très nostalgique. Si je venais à décider d'avoir un deuxième bébé, ça serait certainement pour avoir la chance de revivre tout cela une deuxième fois. Je souhaite à toutes les futures mamans qui passent par ici d'avoir un aussi bel accouchement (serein même si douloureux, et sans aucune complication). Et surtout, je souhaite à toute les femmes d'avoir cette chance de donner la vie. On pense que la phrase précédente est un cliché jusqu'à ce qu'on ait la chance de vivre ces moments incroyables et bouleversants. 


C'est très émue que j'achève cet article sur le moment où ma vie a basculé, et j'ai déjà hâte de vous parler de mon séjour à la maternité !

J'en profite pour remercier les sages femmes du CHBA de Vannes ainsi que les sages femmes Julie Quintin et Lénaïg Hervio-Lemercier pour leur professionnalisme et leur incroyable humanité. 

Merci si vous avez lu jusqu'ici. La suite au prochain épisode ! 


La pédagogie Montessori à l'école maternelle.

Saturday, October 13, 2018

Stop aux idées reçues ! 



J'entends beaucoup de parents avec qui j'échange au quotidien en dehors du cadre de mon travail dire que les pédagogies type Montessori ne sont mises en place que dans les  écoles privées, certains sont donc prêts à mettre des sommes pharaoniques dans l'enseignement primaire de leurs enfants... Mais l'idée que ce genre de pédagogies ne soit mise en place que dans le privé est complètement fausse ! J'enseigne dans une école publique et avec la collègue que je complète à mi-temps sur une classe de TPS-PS-MS, nous pratiquons ce genre de pédagogie. 
La majorité des enseignants des écoles publiques étudient, pratiquent ou commencent à mettre en place ce genre de pédagogie car les avantages et les bienfaits ont largement été prouvés. Cette pédagogie a été majoritairement révélée au grand public depuis la publication de l'ouvrage Les lois naturelles de l'enfant de Céline Alvarez, mais ces pédagogies sont depuis bien longtemps largement connues et étudiées dans les ESPE (écoles supérieures du professorat et de l'éducation, anciennement appelées IUFM). 

La pédagogie Montessori


Quèsaco ? 


La pédagogie éducative Montessori consiste à laisser l'enfant libre de choisir des ateliers, des activités, des jeux en fonction de ce qu'il a envie d'apprendre. L'enfant expérimente en autonomie. Cela permet aux enfants d'apprendre en fonction de leurs périodes sensibles, c'est-à-dire à leur rythme, au moment où il sont prêts à développer certaines compétences (qu'elles soient motrices, langagières, comportementales...). Les périodes sensibles sont spécifiques à chaque enfant, ils ne sont donc pas brusqués dans les apprentissages.  Cette pédagogie alternative a été développée par Maria Montessori à la fin des année 1890. Ceci dit, le mot Montessori est aujourd'hui utilisé pour un peu tout et n'importe quoi. Plein de choses sont vendues aujourd'hui sous le nom de Montessori, ce qui donne un prétexte aux commerçants pour multiplier le prix par 2, par 3... Si vous voulez investir dans des jeux, pensez à comparer les prix pour ne pas vous faire avoir ! Le nom Montessori est aussi utilisé un peu à tort et à travers en pédagogie. Pour donner l'exemple de notre classe, c'est un peu un raccourci de dire que nous mettons en place une pédagogie exclusivement Montessori. Nous basons nos enseignements, l'organisation de l'espace et du temps de travail sur certains grands principes de la pédagogie Montessori, mais nous n'appliquons pas uniquement celle-ci puisque, comme je l'expliquerai ensuite, cette pédagogie a ses avantages mais aussi, ses inconvénients.


L'organisation dans notre classe 


 Nous avons la chance dans mon école d'avoir une classe de maternelle IMMENSE. Elle est divisée en deux espaces par une porte coulissante. C'est donc très logiquement que les espaces ont été divisés par niveau. La première pièce est plus dédiée aux élèves de Toute Petite Section et Petite Section avec un coin cuisine et circuit voiture, un coin peinture (qui est accessible uniquement sous surveillance de l'enseignante et / ou de l'ATSEM), deux grandes tables pour les ateliers dirigés, ainsi qu'une étagère remplie d'une multitude d'ateliers libres adaptés à ces deux niveaux. Les tables utilisées pour les ateliers dirigés sont occupées le reste du temps par les élèves lorsqu'ils sont en ateliers libres.
Les coins cuisine et peinture vus depuis mon bureau.
La table en premier plan fait partie de celles que nous utilisons pour les ateliers dirigés.

L'entrée de la classe vue depuis le coin peinture.
À droite on peut apercevoir le bout de l'étagère sur laquelle nous entreposons tous les ateliers libres.

Le premier espace vu depuis l'entrée du second espace classe.
Dans le fond à droite on peut apercevoir la salle de sieste
et au fond à gauche ce sont les toilettes. Une chance qu'elles soient collées à la classe
puisque ça évite de devoir prendre du temps avec les élèves pour quitter la classe
et faire passer tout le monde aux toilettes (autant vous dire qu'on gagne un temps fou !)

La seconde pièce est majoritairement dédiée au MS et GS : il y a une grande étagère ainsi que plusieurs rangements remplis d'activités libres. À l'entrée de la classe, nous avons entreposé une étagère dans laquelle nous avons rangé plein de petits jeux défis progressifs pour tous les élèves, quelque soit le niveau. On y trouve aussi un immense bac à graines avec lequel les enfants adorent jouer (en ce moment, il est rempli de riz). Nous disposons également de deux ordinateurs auxquels nous proposons l'accès pendant les 20 dernières minutes de la journée sur lesquels nous avons installé plusieurs logiciels ludo-éducatifs de lecture (avec la méthodes Les Alphas), de mathématiques, etc. Cet espace possède deux coins regroupement. Un premier dans lequel nous mettons à jour la date, la météo et donnons à manger au poisson de la classe. Dans le second, on y trouve un grand TBI. Nous nous y installons pour apprendre des comptines, les séances d'anglais, ou lire une histoire.  

La seconde classe vue depuis le premier espace. Sur la droite se trouve le coin regroupement avec TBI.
Sur la gauche le second coin regroupement avec le tableau sur lequel nous mettons la date.
L'étagère à gauche est remplie de petits défis progressifs pour tous les élèves, quelque soit le niveau.

La classe vue depuis le second coin regroupement.
Tout ce qui se trouve sur les étagères peut être pris librement par les élèves.



Notre grand bac à graines se trouve devant le tableau à droite.
La photo laisse très bien imaginer la multitude d'ateliers mise à disposition des élèves.

Même si les espaces sont divisés par niveaux, nous n'empêchons en aucun cas un PS qui voudrait essayer une activité d'un niveau supérieur d'accéder aux ateliers. C'est le principe même des pédagogies type Montessori. Certains essais nous réservent parfois de belles surprises d'ailleurs...

Organisation et emploi du temps


Avec ma collègue, ayant une classe multi-niveaux, nous sommes obligées d'organiser l'emploi du temps de façon bien particulière pour que les enfants fassent tous les jours des ateliers libres ainsi que des ateliers dirigés. Les portes de l'école ouvrent à 8h35 et le temps de classe commence officiellement à 8h45. Comme dans toutes les écoles, il y a un temps d'accueil où les enfants peuvent jouer librement. À 9h, nous commençons les ateliers dirigés avec les TPS et les PS. Le temps d'atelier varie de 15 minutes à 20 minutes. Tout dépend des compétences visées et surtout des enfants ! Ces temps d'ateliers dirigés me permettent vraiment d'organiser des séquences autour des compétences spécifiques avec une progressivité. Pendant ce temps là, les élèves de Moyenne Section restent en ateliers libres. Entre 9h30 et 9h40, les TPS et PS passent de nouveau en ateliers libres pendant que l'ATSEM et moi prenons les MS en ateliers dirigés jusqu'à 10h15, c'est-à-dire l'heure de la récréation. 

Après la récréation, je propose un temps de regroupement où nous mettons à jour la date sur le tableau, parlons de la météo, nourrissons le poisson, faisons un "quoi de neuf ?" (les élèves peuvent parler d'eux, alors autant dire qu'ils adorent !), comptons les élèves qui sont en classe et ceux qui vont à la cantine. Bref, vous l'aurez compris, le moment du regroupement est un temps de langage très important. Suite à cela je propose une séance d'anglais avec des comptines et quelques petits jeux avant d'aller en séance de motricité pour terminer la matinée. 

Après la cantine, les MS et les TPS-PS vont à la sieste. Les moyens cessent d'aller à la sieste aux alentours de la période 3, c'est-à-dire après les vacances de Noël. Pendant ce temps là, les élèves de grande section sont en décloisonnement dans ma classe. Ils quittent leur classe de GS-CP-CE1 pour des séances à mes côtés jusqu'à la récréation. Je propose un temps de massage et de relaxation à chaque début d'après-midi de manière à ce que les enfants qui ne vont plus à la sieste puissent malgré tout avoir un temps calme. Après cela, les élèves alternent entre ateliers dirigés et ateliers libres. Qui dit petite école, dit petits groupes d'élèves. Je prends donc vraiment un temps d'atelier dirigé avec chaque enfant pendant que les autres sont en ateliers libres. 

Après la récréation, je reprends le même schéma que pour le début de matinée. Je propose donc d'autres ateliers dirigés pour chaque niveau. À la fin de la journée, les TPS/PS/MS en ont tous faits 4. Quant aux ateliers libres, les enfants viennent toujours nous demander de vérifier leurs réussites lorsqu'ils ont terminé un travail. Si celui-ci est réussi, nous prenons l'enfant en photo avec son atelier. Les images sont toutes envoyées aux parents à la fin du mois. Elles nous permettent de valider les acquis et de voir la progressivité dans les apprentissages de chaque enfant. Si l'atelier n'est pas réussi, nous prenons un temps pour expliquer à l'enfant quelles sont ses erreurs et pour le guider.

Mon expérience 


Les avantages


Je ne peux que constater une multitude de bienfaits sur les élèves. Lorsqu'ils arrivent le matin, les enfants se dirigent majoritairement vers des ateliers libres. Ils gèrent eux-même certains de leurs apprentissages, et c'est vraiment un bonheur d'assister à cela ! 
Les enfants deviennent de plus en plus autonomes, ils apprennent à ranger, à s'entraider, à réfléchir seuls, à demander de l'aide s'ils en ont besoin... Bref, ils mûrissent plus rapidement ! Si je devais changer d'école dans les années à venir, je chercherais à mettre en place exactement le même type de fonctionnement...

Les inconvénients


Quelques inconvénients sont quand même à pointer. Il faut une sacrée organisation lorsque l'on décide d'appliquer une pédagogie de ce genre. Le temps que les élèves s'habituent au fonctionnement est parfois long. Par exemple, le fait que chaque atelier doit être rangé à un endroit spécifique pose parfois problème. On retrouve des ateliers mélangés, ce qui n'est pas un drame, mais tout remettre en place à chaque fois est très chronophage. 
Il y a également, à mon sens, des apprentissages qui ne peuvent se faire seuls, comme celui des premiers gestes de l'écriture. Ces gestes ne s'improvisent pas, ne se devinent pas, et si des mauvaises habitudes viennent s'installer, il est ensuite très difficile de les corriger.
Pour terminer (et les enseignants qui passent par ici le confirmeront), créer tous les ateliers dirigés prend du temps, il faut donc faire preuve de patience lorsque l'on décide de passer à ce genre de méthodes. De plus, c'est un investissement matériel conséquent et aujourd'hui beaucoup d'écoles ne possèdent pas le budget. C'est donc très souvent l'argent des enseignants qui passent dans ce type de mises en place. 

Premier concours du blog

Tuesday, October 9, 2018



À l'occasion du lancement du blog, je vous propose un bien joli concours concocté avec deux boutiques vannetaises dont je suis fan : 
(pour les non vannetais, ces deux boutiques possèdent un e-shop !) 

Little Marmaille propose de gâter votre bébé (puisque c'est bien de bébés et d'enfants dont je parlerai principalement ici) en vous faisant gagner cette superbe veilleuse nuage. 
Puis avec Tea&Cie, nous avons aussi décidé de gâter les parents en proposant de gagner un sachet de 100 grammes de la succulente infusion Sanctus Addictis (je vous promets qu'elle porte à merveille son nom) à déguster lorsque les enfants sont couchés, ou enceinte en attendant bébé...  En plus d'être un délice à boire, les éléments qui composent cette infusion sont tous comestibles ! Vous pouvez participer sur Instagram ou sur facebook (liens en haut à droite). Toutes les conditions y sont détaillées ! Les inscriptions seront clôturées le dimanche 21 octobre, résultat le lundi 22 octobre. Bonne chance à toutes et à tous !

LA GAGNANTE EST UNE GAGNANTE INSTAGRAM @VIRGINIE_CRL !


Le récit de ma grossesse

Sunday, October 7, 2018


Ma grossesse : son déroulement, mes ressentis, mon expérience.




Bonjour à tous les lecteurs qui passeraient par ici. Je suis très heureuse de vous présenter le premier article du blog, et pas des moindres, puisqu'il s'agit d'un résumé des mois les plus importants de ma vie : ma grossesse (racontée sans fioritures) ! Je répète qu'il ne s'agit que de mon expérience, que je ne fais en aucun cas une généralité lorsque je parle de mon cas et de la manière dont j'ai vécu, senti les choses.



Mon gros Baby Bump à 33SA, lors d'une promenade au bord de l'océan avec mon mari. 


Le premier trimestre : AU SECOURS !



Je suis tombée enceinte très exactement le 30 mai 2017. Enfin, d'après la date des dernières règles qui ont précédé ma grossesse et l'échographie de datation. 

Je l'ai appris le 11 juin 2017. Nous venions de passer un week-end à fumer et picoler avec ma belle-sœur et mon beau-frère, et c'était drôlement chouette. Mais depuis quelques jours déjà, je me sentais bizarre et je commençais à me poser des questions. En fin d'après-midi, quand je me suis retrouvée seule avec Cyril, mon mari, je lui ai fait part de la manière dont je me sentais (sensation de fatigue permanente, douleurs dans la poitrine, un appétit en baisse…). Nous avons alors décidé qu'il était temps de faire un test. Nous avons recherché une pharmacie de garde (et oui, décider de faire un test de grossesse un dimanche, quelle idée?!), et avons acheté un test à deux francs six sous, tout simple en se disant que ça suffirait… Trop impatiente, je décide de faire le test le soir même. Après plusieurs minutes à attendre, le test semblait négatif… Puis en regardant bien, une légère trace rose était apparue, mais rien de franc. J'ai commencé à stresser, ne sachant plus quoi penser. Nous sommes alors retournés à la pharmacie chercher un test ClearBlue Digital, et là, le résultat était plus que clair : « Enceinte, 1 – 2 semaines ». 

Ma première réaction fut de m'effondrer en larmes. Je réalisais que, ça y est, nous nous lancions dans la vie de parents. J'avais très envie de ce bébé, mais je m'étais aussi préparée à mettre du temps à tomber enceinte. Et pourtant, un mois après l'arrêt de ma pilule, Aria venait se loger au creux de mon utérus… J'étais heureuse et sous le choc. Cyril m'a tout de suite rassurée, et j'ai alors commencé à me réjouir. J'avais la chance d'être tombée enceinte rapidement, il fallait que je savoure ce cadeau de la vie...

S'en est suivi le premier rdv chez le médecin pour me prescrire une prise de sang confirmant le test urinaire ainsi qu'un bilan sanguin. Je me réjouissais d'être immunisée contre la toxoplasmose, je savais que ça me rendrait la vie beaucoup plus facile. J'avais une tension parfaite, et je pesais 67,1kg pour 1m70. Bref, j'avais un corps en pleine santé pour permettre à bébé de grandir dans de bonnes conditions. 

Le premier trimestre fut celui le plus difficile à vivre émotionnellement. Tout d'abord parce que j'ai eu droit à plusieurs frayeurs, avant et après l'échographie de datation. J'ai perdu du sang à plusieurs reprises dont deux fois assez abondamment. J'ai à chaque fois imaginé le pire, et j'avais à chaque fois du mal à m'en remettre, même après avoir été rassurée par des examens. J'ai également été TRÈS malade (et le mot est faible). Je vomissais jusqu'à sept fois par jour, j'en avais la gorge complètement irritée, et j'ai perdu 2,5kg pendant les premières semaines de ma grossesse. Tout cela complémenté par les hormones me faisant ressentir une fatigue permanente. Je me cachais dans la salle de sieste de l'école dans laquelle je travaille pendant la pause méridienne… Cette fatigue extreme a été très difficile à gérer aussi à cause du regard des gens qui ne comprenaient pas forcément pourquoi j'avais autant besoin de dormir (même pour les personnes qui savaient que j'étais enceinte : tant que notre ventre ne se fait pas voir, beaucoup pensent qu'il n'y a pas trop de raisons de se plaindre… Et les gens ne comprennent par trop ce que subit le corps lorsqu'ils n'ont pas vécu une grossesse ou côtoyé une personne enceinte). Et cas plutôt exceptionnel, j'ai eu des contractions presque quotidiennement, tout au long de mon troisième mois. Elles ont rendu difficile notre voyage à NY en août 2017 puisque nous devions beaucoup marcher et étions à la fois très angoissés qu'il arrive quelque chose. 


Mais au milieu de tous ces aléas, il y a eu beaucoup de bonheur, dont l'annonce à ma famille et à mes amis qui me laisse des souvenirs mémorables et remplit mon coeur de bonheur et d'émotions…


Les petits paquets offert à nos famille pour l'annonce de ma grossesse.
J'avais également préparé des petits flacons contenant une image de la première échographie.


Je me souviens aussi de cette première frayeur qui m'a menée aux urgences… Je ne me doutais pas que ce soir là, j'entendrais pour la première fois le coeur de mon bébé… Lorsque l'interne a allumé le son, mes yeux se sont remplis de larmes. Aria faisait la taille d'un grain de riz, et je l'aimais déjà tellement fort...


15 SA, le moment où mon ventre a commencé tout doucement à se faire percevoir.



Pour terminer, un de mes plus beaux souvenirs de grossesse fut l'échographie du premier trimestre. L'embryon ressemble vraiment à un bébé, on peut vraiment distinguer chaque partie de son corps et il est possible de le voir en entier sur l'écran. Impossible de le sentir encore, mais à l'écran bébé gigote dans tous les sens. Je garde vraiment en tête un souvenir incroyable de cette échographie. Et j'ai également profité de la venue de ma sœur pour lui annoncer à ce moment-là. Elle a pu rentrer à la fin de l'examen pour apercevoir bébé sur l'écran… C'était magique. 



Le deuxième trimestre : aimer porter la vie




Quand le deuxième trimestre est arrivé, tous les symptômes que j'ai décrit précédemment se sont apaisés. J'ai eu des contractions tout au long de ma grossesse, mais elles étaient physiologiques. Il fallait que j'y fasse attention, mais j'ai appris à vivre avec et à écouter mon corps pour ne pas faire souffrir bébé. Cependant deux chutes de tension importante et ces quelques contractions m'ont quand même valu un arrêt de travail TRÈS précoce. Le 14 septembre, j'effectuais ma dernière journée à l'école avant l'arrivée de ma fille. Je ne l'ai pas bien vécu au départ puisque j'avais préparé ma rentrée et je m'attendais à rester avec mes élèves jusqu'à Noël. Mais le bien-être de mon bébé m'a vite fait relativiser. 

D'ailleurs, on me demande régulièrement la raison pour laquelle j'appelle Aria « mon petit escargot ». Comme je le disais plus haut, j'ai eu droit à deux visites aux urgences pour mes chutes de tension. Pendant ces visites, les médecins ont préféré faire un contrôle obstétrique pour s'assurer que tout allait bien. Au premier contrôle, c'est un médecin de garde non spécialisé qui a effectué une échographie… Il était tôt pour le savoir mais il m'a demandé si je connaissais déjà le sexe… Je me suis empressée de demander si il avait une idée, ce à quoi il a répondu : « oh… Peut-être une fille … Mais je ne suis pas spécialiste, attendez l'écho des 22 semaines ! ». Le lendemain, rebelote, petit tour aux urgences suite à une chute dans ma salle de bain. Ma tension était très basse donc les médecins m'ont expliqué qu'ils voulaient tout contrôler de nouveau. Cette fois-ci, c'est une interne en gynécologie-obstétrique qui a effectué l'échographie. J'ai alors décidé de lui demander son avis. Ce à quoi elle a répondu : « c'est encore tôt pour le dire, mais ça ressemble à un garçon ! ». J'ai alors rigolé, et je me suis dit qu'il allait falloir attendre et ne pas se précipiter, ou déjà se projeter… (pour ceux et celles qui ne le savent pas encore, au début de la grossesse, le clitoris de la petite fille peut se confondre avec le sexe d'un garçon… D'où les confusions lorsque l'on demande trop tôt le sexe). Les escargots étant des hermaphrodites, j'ai dès lors appelé le petit être qui grandissait au creux de mon ventre « mon petit escargot »… Ça m'amusait, je trouvais ça mignon.


21 SA.


Puis l'échographie des 22 SA est arrivée, et bébé escargot s'est révélé être une fille ! Cette échographie est aussi un souvenir incroyable, mais malgré tout moins impressionnant que l'échographie des 12 SA. Bébé prend plus de place, donc on distingue les choses moins facilement. Mais j'ai attendu cette échographie avec énormément de hâte, puisque je voulais en savoir un peu plus sur l'identité de mon bébé...

Ce deuxième trimestre a été la meilleure partie de ma grossesse, puisque c'est le moment où mon ventre a commencé à s'arrondir sans trop m'handicaper au quotidien. Je me sentais épanouie dans ce corps que je devais partager avec un habitant temporaire. Sentir bouger ce bébé était pour moi un bonheur incroyable, une sensation indescriptible. Et j'ai encore plus apprécié les mouvements de Aria quand Cyril a pu les sentir à son tour. J'ai été très émue lorsqu'il l'a sentie pour la première fois. Son regard a changé subitement et s'est rempli d'amour… C'était vraiment très intense et je m'en souviendrai très longtemps. 


Le troisième trimestre : au bout du rouleau…



Le troisième trimestre a été très difficile pour des raisons physiques mais aussi psychologiques. Je n'en pouvais plus de voir mon corps s'arrondir. J'appréhendais vraiment d'avoir des vergetures, je voulais vraiment arrêter de grossir. J'ai pris, au total, 13kg pendant ma grossesse (ce qui me semble être plutôt raisonnable). J'ai eu la chance de pouvoir faire du sport tout au long de ma grossesse pour limiter les dégâts (et oui, j'ai fait mon dernier cuisses/abdos/fessiers 10 jours avant mon accouchement ! Les adhérents de la salle de sport me regardaient comme un ovni, mais les coachs m'encourageaient et adaptaient chacun des exercices). Je ne me sentais plus à l'aise dans aucun vêtement, j'avais l'impression de ressembler en permanence à un sac à patates.


Mon ÉNORME ventre à 36 SA.


Mon corps a vraiment commencé à devenir douloureux, je dormais très mal. J'étais réveillée toutes les nuits entre 3 et 5 heures. Je me levais pour prendre mon petit déjeuner et j'essayais de me recoucher vers 6 ou 7 heures… Je pleurais parfois tellement l'envie d'accoucher me pressait. Je voulais que ma fille sorte, tout d'abord pour enfin la rencontrer, mais aussi pour libérer mon corps. Je dois avouer aussi que j'avais le pressentiment que mon accouchement se passerait merveilleusement bien. Je n'ai jamais eu d'appréhension en y pensant ou en l'imaginant.

Cela faisait plusieurs mois que je n'avais pas travaillé, et tous mes amis étant actifs, je commençais à m'ennuyer. Mes interactions sociales étaient très limitées (heureusement, au milieu de mon deuxième trimestre, j'ai rencontré Léna du blog Lecaninole qui était elle aussi enceinte… Nous nous sommes soutenues jusqu'à la fin et nous avons créé grâce à cela un très grand lien d'amitié). 

Je suis allée deux fois à la maternité pendant la dernier mois, pensant que c'était le moment… Alors qu'il ne s'agissait que de fausses alertes. Je suis ressortie ces deux fois dépitée. 

Bref, vous l'aurez compris : JE N'EN POUVAIS PLUS. Les sages femmes libérales proposent généralement un décollement des membranes à partir de 39 SA si vraiment les femmes n'en peuvent plus, mais la condition est qu'il faut que le col soit ouvert... Ce qui n'était pas mon cas. Je n'en pouvais tellement plus que j'ai fini par demander à ma sage-femme d'utiliser l'acupuncture pour aider un peu la nature (mais je ne dis pas tout, je vous ferai un article sur le déroulement de mon accouchement). Moins de 48 heures après, j'entrais à la maternité avec la poche des eaux fissurée. Aria pointait le bout de son nez le 24 février 2018, à 40SA+3jours.


Les questions que l'on me pose fréquemment...



-Qu'est-ce qui a été le plus difficile pour toi pendant la grossesse ?

Tout au long de ma grossesse, les hormones ont joué des tours à mes émotions. J'ai eu de véritables coups de sang qui se sont accentués jusqu'à la fin de ma grossesse. Je ne supportais plus que qui que ce soit me dise « fais attention, tu ne devrais pas te mettre dans des états pareils, c'est mauvais pour le bébé. » 

J'avais beau être enceinte, je restais moi-même avant tout, et j'avais besoin d'exprimer mes émotions sans que l'on me rappelle à tout va que je portais un bébé. Et cela avait le don de m'énerver encore plus quand la personne qui me faisait la réflexion était en partie responsable de l'état dans lequel je me mettais.


- Qu'as-tu mis sur ta peau pendant ta grossesse pour prévenir les vergetures ? Et à partir de quand as-tu commencé à crémer ta peau ? As-tu eu des vergetures ?

Je mettais du beurre de karité le matin et de l'huile d'amande douce le soir en grosse quantité et buvais minimum 2 litres d'eau par jour (pendant la grossesse, l'hydratation est essentielle pour votre peau ainsi que pour le renouvellement du liquide amniotique qui protège votre petit bout). J'ai commencé dès que j'ai su que j'étais enceinte. J'ai une toute petite vergeture sous le nombril qui est apparue lors de ma dernière semaine de grossesse. J'en ai également une, minuscule aussi, à la droite de mon nombril, qui est apparue après l'accouchement. N'oubliez pas de continuer à crémer votre peau pendant les 2 à 3 mois qui suivent l'accouchement car les vergetures peuvent encore apparaître à ce moment là. 

-Est-ce que tu as été suivie à l'hôpital ? Ou au près d'une sage-femme libérale ?

J'ai été suivie à l'hôpital du début à la fin de ma grossesse. Mais j'ai choisi de me faire suivre en parallèle par une sage-femme libérale à partir de mon cinquième mois de grossesse car le côté usine de l'hôpital me déplaisait, et je ne voyais jamais la même personne à mes entretiens mensuels. J'avais besoin de pouvoir me référer à la même personne et de pouvoir échanger librement avec elle. Pour les futures mamans qui habitent Vannes et les alentours, je vous recommande vivement Julie Quintin. Elle est douce, gentille, à l'écoute… Tout ce que l'on attend d'une sage femme pendant la grossesse. Elle et sa collègue Lénaïg Hervio-Lemercier proposent des cours de préparation à l'accouchement très complets et en très petit comité (j'ai même parfois été seule avec la sage-femme animant le cours), ce qui permet d'avoir un réel temps d'échange et de pouvoir poser toutes les questions nécessaires pour nous rassurer. Elles proposent toutes les deux des séances d'hypnose pré-natale, et de l'acupuncture. Elles proposent aussi de former à l'auto-hypnose pour mieux gérer la douleur le jour de l'accouchement, et pourquoi pas, pour les courageuses, à pratiquer comme alternative à la péridurale.


-Voudras-tu un deuxième enfant ?

Je pense sincèrement que oui. Déjà parce que je suis très nostalgique de mon accouchement (je vous en parlerai dans un autre article). Mais aussi parce que j'aime tellement pouponner Aria. Mais j'ai besoin de temps pour la voir grandir, évoluer, et surtout pour me retrouver ! Donc il va s'écouler au moins deux ans avant que Cyril et moi puissions éventualiser bébé 2.

-Quelles habitudes as-tu changé quand tu es tombée enceinte ?

Tout d'abord, j'ai pris du Gynéfam qui est un complément alimentaire supposé combler les besoins journaliers en vitamines et minéraux de maman et bébé. La boîte de trois mois coûté assez cher mais cela me semblait être un investissement nécessaire si cela pouvait aider mon bébé à être en bonne santé.  Ensuite, nous consommions déjà beaucoup de produits bio avant que je tombe enceinte, mais depuis le début de ma grossesse, nous faisons encore plus attention à la qualité des produits que nous consommons. Pour cela, nous utilisons deux applications : 
• Yuka qui analyse ce que contiennent les aliments et les produits alimentaires que nous consommons
• INCI Beauty qui analyse les produits cosmétiques et sanitaires tels que le shampooing, ou le fond de teint ! Elle m'a également servi à choisir les produits que j'utilise pour Aria. Il faut savoir que pendant ses trois premières semaines de vie, un bébé n'a aucune protection cutanée, la peau absorbe donc 100 % des produits avec lesquels elle est en contact. La qualité des produits que j'allais utiliser pour elle était, à mon sens, primordiale ! 

-Un conseil à donner ?

Le meilleur conseil que j'ai eu jusqu'à aujourd'hui est de se faire confiance et d'écouter son instinct. N'écoutez pas ceux qui ont des enfants et qui voudront vous faire la leçon en pensant que leur expérience est celle de tout le monde. N'écoutez pas ceux qui n'ont pas d'enfants et qui se permettent de donner des leçons ou d'émettre des jugements. Je n'inclus évidement pas les professionnels, spécialistes de la grossesse et / ou de la petite enfance formés avec ou sans enfants, dont le métier est de vous accompagner dans la maternité et la parentalité... Au contraire, n'hésitez pas à faire appel à eux, et à en changer lorsque l'un d'eux ne vous convient pas ou si vous vous ne sentez pas en confiance. J'ai par exemple changé de médecin généraliste en début de grossesse, puisque les relations que j'avais avec elle ne me convenaient pas.

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