Les suites de couches. La théorie et ma pratique.

Saturday, December 22, 2018

Je suis heureuse de vous écrire un nouvel article pour vous parler d'un passage important lorsqu'on devient maman. Un passage dont on nous parle trop peu avant de tomber enceinte, et auquel nous sommes rarement prêtes le moment venu. J'espère que cet article informera certaines et les préparera à ce passage peu évident et pourtant très important de la maternité.

Baby Aria et moi, quelques jours après notre retour à la maison.

Les suites de couches en théorie, qu'est-ce que c'est ?


Les suites de couches englobent tout le suivi et les chamboulements du corps de la femme lors des 6 semaines qui suivent l'accouchement. Les professionnels parlent de 6 semaines, car c'est généralement le temps qu'il faut à l'utérus pour retrouver sa taille et sa position normale (ne pas oublier qu'il doit passer de la taille d'une énorme pastèque à la taille d'une petite clémentine).

Les  premiers jours...


C'est une période où les femmes connaissent des désagréments gênants. Il y a tout d'abord les sensations et les douleurs dans les heures qui suivent l'accouchement. Le vagin vient de subir un traumatisme énorme. Il est donc commun d'avoir des sensations de tiraillements dans le bas du dos et du ventre, de béance à l'entrejambe. Tout dépend aussi des différentes interventions que vous subissez lors de votre accouchement (épisiotomie, césarienne, péridurale, ventouse, forceps, etc...). 

Les lochies viennent elles aussi s'ajouter à tout ça. C'est un mot très moche pour parler d'un fait totalement naturel. Ce sont des saignements qui suivent l'accouchement, dûs à des suintements et des plaies au niveau de l'utérus suite à l'expulsion du bébé et du placenta. Peuvent souvent s'ajouter à ces suintements des caillots et des petits débris de placenta restants. Elles durent en moyenne trois semaines. Les saignements sont très importants les trois à cinq premiers jours, puis diminuent au fur et à mesure des semaines. Ces pertes changent également de couleur (rouge très vif au début, pour devenir marron vers la fin). Même si cela paraît effrayant, il est très bon signe de saigner beaucoup, puisque cela signifie que l'utérus se contracte et fait son travail post-partum pour retrouver sa taille initiale. 

Ces saignements seront souvent accompagnés des tranchées. Ce sont les contractions que l'on ressent dans les jours suivant l'accouchement. Elles sont douloureuses, mais malgré tout beaucoup moins que celles que l'on ressent pendant le travail. Ces tranchées et ces saignements sont plus importants chez les femmes allaitantes, mais le point positif à cela est que l'utérus se remet généralement plus rapidement en place grâce à l'allaitement. 

Je tiens également à mentionner la dépression post-partum. On en parle souvent, mais nous sommes rarement bien préparées à la claque émotionnelle que représente le chamboulement hormonal suite à l'accouchement. La dépression post-partum peut durer jusqu'à 15 jours après l'accouchement. Si des symptômes de déprime persistent, il est important d'aller consulter et de se faire aider. 

Après la maternité


Les soins de suites de couches continuent à la maison avec le suivi à domicile. Il se fait généralement par une sage-femme et / ou la PMI. 

La personne qui vient à votre domicile pendant le mois qui suit votre accouchement a pour rôle de contrôler la prise de poids de votre bébé, déceler d'éventuels problèmes de développement mais aussi  vérifier la normalité de vos saignements, vos éventuels cicatrices, si vous avez d'éventuelles varices, etc. 

La reprise d'une vie sexuelle et la contraception sont aussi souvent source de questionnement. Ces questions sont souvent abordées avant la sortie de la maternité. En fonction de vos antécédents et de si vous allaitez ou non, les sages-femmes vous recommanderont des contraceptions différentes. La reprise d'une activité sexuelle se fait généralement de façon graduelle et dépend vraiment de chaque femme. Tout dépend, encore une fois, des interventions subies pendant l'accouchement. L'allaitement joue aussi un rôle sur le désir. La prolactine, qui permet de fabriquer le lait, retarde l'apparition du désir et du plaisir. Sachez qu'il faut, quoi qu'il en soit, 6 semaines au col de l'utérus pour complètement cicatriser et se refermer. C'est également pour cette raison que la visite post-natale a lieu 6 semaines après l'accouchement (et cette visite est OBLIGATOIRE). 

Suite à cette visite, vous débuterez (si votre corps est prêt) votre rééducation du périnée. Le périnée est un muscle très complexe et son état post-partum dépendra d'un tas de facteurs (le poids de votre bébé, la manière dont vous avez sollicité votre corps pendant la grossesse, la manière dont vous avez fait travailler votre périnée avant la grossesse, etc...). Les professionnels prescrivent en moyenne 10 séances de rééducation. Il y a des cas rares qui n'en ont pas du tout besoin, et d'autres qui ont besoin de beaucoup plus. 

Pour la reprise du sport, il est très important d'attendre le feu vert de votre sage-femme ou de votre gynécologue. Cela peut être très frustrant mais il est nécessaire de ne pas brusquer les choses. Il vaut mieux attendre et reprendre le sport dans de bonnes conditions, plutôt que de vouloir aller trop vite et infliger à votre corps un nouveau choc qui pourrait avoir des conséquences irréversibles. 

Mon expérience des suites de couches


Tout ce que j'ai pu citer précédemment sont, dans l'ensemble, des explications que l'on donne aux femmes avant et / ou après l'accouchement. Il s'agit de faits qui arrivent à la majorité des femmes, mais encore une fois, tous les corps sont différents. J'ai donc choisi de vous partager aussi mon expérience. Je rappelle que mon but est de partager ma réalité, donc je ne décrirai pas les choses en y allant avec le dos de la cuillère ! 

Mon séjour à la maternité...


Lorsque je suis retournée en chambre après mon accouchement, je me sentais surtout très fatiguée puisque j'avais très peu dormi du jeudi au samedi, entre le moment où j'ai eu mes premières contractions et le moment où Aria est née. 

La première chose que j'ai voulu faire quand les effets de la péridurale se sont estompés, était d'aller me voir dans un miroir. Mon mari m'a alors aidée à me lever et là, ça a été le choc alors que je n'étais même pas arrivée au miroir. J'ai eu une sensation de béance énorme à l'entrejambe, chose que je n'avais absolument pas anticipée ! J'ai mis du temps à m'habituer à cette sensation et à marcher normalement. J'ai mis quelques jours à réellement m'en remettre. 

Une fois devant le miroir, je me suis regardée de profil, puis de face... Et je me suis dit "Oh, ça va !". Je m'attendais à vraiment encore ressembler à une femme enceinte.  Je ne me sentais pas svelte non plus, mais je n'étais finalement pas choquée de voir mon corps ainsi après ma grossesse. 

Le second gros choc a été les lochies. Lorsqu'après l'accouchement on m'a apporté des serviettes hygiéniques qui ressemblaient à des fonds de couches... J'ai cru qu'on se moquait de moi. J'ai d'abord dit à la sage-femme "Mais je n'ai peut être pas besoin d'une serviette si épaisse ?". Elle m'a ri au nez en me disant "Je suis désolée de vous le dire madame, mais si... Vous allez énormément saigner au moins pendant 5 jours.". On m'avait dit que cela pouvait ressembler à des règles abondantes, mais je ne m'attendais pas à une abondance telle... Je laissais des flaques derrière moi lorsque je prenais ma douche. On comprend vite l'importance de ne pas être carencée en fer avant l'accouchement. 

Je n'ai personnellement pas eu d'épisiotomie et autres interventions avec ventouse et forceps. J'ai cependant eu deux déchirures à l'intérieur et à l'extérieur du vagin (7 à l'extérieur et 4 ou 5 à l'intérieur si mes souvenirs sont bons).  Lorsqu'on m'a annoncé des points de suture, j'ai d'abord eu très peur que la douleur soit difficile et que cela m'handicape vraiment dans les mois à venir. J'ai effectivement eu quelques brûlures les premiers jours, mais au bout de 24 heures post-partum, je ne sentais déjà plus rien. Les déchirures étaient superficielles. J'ai également utilisé de la teinture mère de calendula (attention, c'est à appliquer sur la cicatrice et pas à boire ! Je dis cela car mon ordonnance était ambiguë et j'ai fait cette erreur avec ma première bouteille ! J'en ri aujourd'hui) qui aide à la cicatrisation plus rapide. 

J'ai également fait une bonne dépression post-partum qui a débuté à la maternité environ 2 jours après mon accouchement, et qui a duré plus d'une semaine. Elle s'est manifestée par des pleurs très incontrôlés, sans vraiment d'explications. J'ai été un peu traumatisée par mon début d'allaitement qui a été compliqué. J'avais très peur de rentrer à la maison et de ne pas arriver à nourrir Aria. En bref, je réfléchissais beaucoup à l'après maternité, et j'avais très peur de ne pas être à la hauteur. 

Retour à la maison


Une des premières choses que j'ai faite en arrivant à la maison était de vouloir remettre un vêtement d'avant grossesse... Et quelle erreur ! C'est là que j'ai vraiment réalisé que mon bassin s'était vraiment élargi pour pouvoir faire de la place à bébé. C'est là que le choc physique a été dur. Mais j'ai d'abord appris à m'accepter et mon bassin a repris sa taille initiale en environ 7 mois. 

Une fois à la maison, j'ai été suivie par la sage-femme libérale qui s'est occupée de moi pendant la grossesse. Comme je l'expliquais dans mon article sur l'allaitement, ça a été parfois dur émotionnellement car les professionnels sont parfois un peu trop à cheval sur les moyennes des courbes de poids. 

Mes deux déchirures ont cicatrisé en trois semaines, et j'ai arrêté de saigner au bout de cinq semaines. Au retour de la maternité je saignais déjà beaucoup moins. Mes lochies ressemblaient à des règles légèrement abondantes mais elles se sont estompées assez rapidement. Au bout de trois semaines, je n'avais plus que des légères pertes marrons qui ont duré trois semaines à leur tour. 

Je n'ai eu mon retour de couches que 7 mois plus tard, suite au sevrage d'Aria. J'ai allaité Aria jusqu'à 8 mois mais j'ai commencé à diminuer les tétées à partir de 6 mois. En effet, l'allaitement retarde l'apparition des règles, mais attention, cela ne veut pas dire que l'on ne peut pas ovuler ! Au contraire ! Les femmes sont très très fertiles lors des mois qui suivent un accouchement. Il est impératif de se protéger. J'ai personnellement choisi un DIU (stérilet) sans hormones que j'ai eu le droit de poser au mois de juin après une rééducation du périnée déjà bien débutée.

À 6 semaines post-partum, j'ai eu ma visite post-natale qui s'est très bien passée. J'ai pu démarrer ma rééducation du périnée dans la foulée. Mes faiblesses à travailler était assez commune. J'avais une béance à l'entrée du vagin, une descente du col et une faiblesse urinaire. C'est au bout de 5 séances de rééducation que j'ai eu l'autorisation de reprendre une activité sportive légère (courts footings, étirements, un peu de renforcement abdominal), à environ 10 semaines post-partum. Ce passage m'a appris à écouter mon corps et à me rendre compte de quand je voulais aller trop vite. Lors de mes premiers footing, j'ai rarement couru plus de 5km car je sentais très vite une faiblesse périnéale qui m'empêchait de faire plus. 

Après les 10 séances qui m'avaient été prescrites, j'ai eu le droit de reprendre le sport plus intensément. Cependant, j'ai dû reprendre une rééducation quelques semaines plus tard, et j'y suis actuellement toujours puisqu'il m'arrive encore de sentir de légères faiblesses. J'ai réussi à me faire à l'idée que l'accouchement, bien que naturel, reste un traumatisme énorme pour le corps, et que si je tiens à faire du sport comme avant, alors cela nécessitera une rééducation sur le long terme. 

Lors de mes 10 premières séances, la sage-femme a utilisé la méthode manuelle (qui est supposée être la mieux). Pour parler franchement, la sage-femme place ses doigts dans le vagin et appuyant à différents endroits pour pouvoir contrôler les exercices. Elle décrit généralement une image à laquelle vous devez penser en même temps que vous exercez une respiration hypopressive. Les premières séances sont très bizarres. On ne sent pas grand chose, et je n'avais pas vraiment l'impression de rééduquer quoi que ce soit. Mais au fur et à mesure des séances, j'ai vite senti que je maîtrisais de mieux en mieux les exercices et que je pouvais sentir différents muscles se contracter. 

Quand je suis retournée consulter en septembre pour parler de faiblesses persistantes, la sage-femme m'a proposé d'utiliser une sonde en complément des exercices. J'étais d'abord un peu réticente, mais je trouve finalement que c'est une véritable aide dans ce tte rééducation. 

Je tenais aussi à partager ici ce que m'a dit ma sage-femme et ce que nous devrions toutes savoir. Le périnée est un muscle que l'on maîtrise bien trop peu et qui a déjà tendance à être faible avant l'accouchement parce que nous ne savons pas trop quand ni comment l'utiliser. Elle m'a expliqué qu'il était recommandé de le contracter à chaque fois que l'on tousse ou que l'on éternue pour éviter des pressions trop violentes. Lors d'une activité sportive, il faudrait également éviter les exercices comme les crunches qui exercent également une pression sur le périnée et par conséquent, le fragilise. Elle m'a suggéré de continuer les exercices de rééducation, même une fois celle-ci terminée, au moins une fois par semaine, pour continuer à solliciter mon périnée et le muscler. En bref, enceinte ou non, prenez le temps de vous renseigner sur ce muscle et la manière dont vous pouvez le préserver et en prendre soin. Cela vous rendra service toute votre vie ! 

Je vais terminer cet article en vous parlant sexualité. Chaque femme est différente, et le vagin est une partie du corps qui reste généralement meurtrie un petit moment après un accouchement. Les femmes qui subissent une césarienne ont généralement moins de problème à reprendre une activité sexuelle. Quant aux autres, cela dépend vraiment. Certains couples reprennent une activité à 4 jours post-partum, d'autres à 9 mois. Il est primordial d'écouter son corps et de ne surtout pas se faire violence. Lors de mon premier rapport après mon accouchement, j'avais personnellement plus d'appréhension que pour ma première fois. L'important est de rester dans l'échange avec votre conjoint, de manière à verbaliser la manière dont vous vous sentez par rapport à votre intimité. Je ne rentrerai pas dans davantage de détails ici, mais je reste à votre disposition par message privé pour en parler (sur facebook ou instagram). 

Les conseils non-sollicités. Ce fléau.

Tuesday, December 4, 2018

Et si on mettait les choses au clair concernant tous ces conseils non-sollicités ? 


Depuis le début de ma grossesse et encore plus depuis l'arrivée d'Aria, beaucoup de gens autour de moi ressentent le besoin vital de me donner des conseils, très souvent non sollicités. Comme si ma grossesse, ma maternité, la paternité de mon mari ou encore mon enfant devenaient la propriété de tous.

Pourquoi réagissons-nous plutôt négativement face aux conseils non-sollicités ? 


Effectivement, il y a plusieurs types de conseils, et je pense que tous les parents savent à peu près les différencier. Il y a par exemple les conseils bienveillants, de proches qui vous sentent dans la difficulté par exemple, ou de professionnels qui vont échanger avec vous pour votre bien-être ou celui de votre enfant. Je n'ai jamais vu ces conseils d'un mauvais œil, bien au contraire. 

Puis il y a les conseils des personnes qui sont, pour des raisons X ou Y certainement valables, en désaccord avec vos principes d'éducation, votre façon de vivre, et j'en passe. Des conseils souvent malveillants, donnés de façon fermée à l'échange et au débat, à coup de "tu aurais dû...", "tu devrais...", "tu ne devrais pas...". 

Nous réagissons mal face à ces conseils car ils sont généralement très infantilisants et moralisateurs. Quand je reçois ce genre de commentaires, j'ai l'impression qu'on veut remettre en question ma liberté d'éduquer mon enfant comme je le souhaite.

Je ne sais pas pour vous, mais ces conseils ont tendance à me blesser davantage lorsqu'ils sont donnés par un proche. Forcément, j'y accorde plus d'importance que si ils étaient donnés par un vulgaire inconnu. Pourquoi est-ce que ça me touche plus ? Même si mon raisonnement peut paraître bête, j'ai envie de plaire à mes proches.

Encore une fois, je ne mets pas dans le sac les professionnels (puisque souvent leurs conseils sont bienveillants et justifiés, en prenant en compte l'environnement des parents et de l'enfant), mais ce qui m'agace davantage est quand une personne qui n'a pas d'enfants et dont la petite enfance n'est pas le métier vient me donner des conseils sur la manière de gérer mon bébé. 

Savoir répondre, une question d'amour propre. 


Depuis toujours, je n'ai jamais aimé contrarier les autres. J'ai toujours eu tendance à vouloir arrondir les angles, à ne pas vouloir froisser, en mettant parfois de côté mon amour propre même si je me sentais blessée après une remarque. Je me retrouvais parfois même à m'excuser d'avoir sollicité l'envie de faire des commentaires.

Depuis ma grossesse, je n'ai plus envie de cela. Je réponds toujours à ces conseils de façon construite en expliquant mes choix et pourquoi le pseudo-conseil a pu me blesser.

Pourquoi je m'épuise à me justifier me direz-vous ? Bien sûr je ne fais pas cela avec tout le monde, je fais ça avec les personnes à qui je tiens en montrant que, oui, je ne suis pas en accord avec eux, mais  je ne suis pas fermée au dialogue, que les choses peuvent juste être dites d'une autre manière. C'est aussi une manière d'imposer mes limites. Et imposer ses limites, c'est aussi prendre soin de soi !

Je choisis également de répondre pour ma fille. Je n'ai pas envie de lui montrer un exemple qui lui ferait penser que les gens ont le droit de commenter ses moindres faits et gestes avec des mots blessants. J'ai envie de lui montrer qu'il faut aussi parfois imposer ses limites et ne pas se laisser marcher sur les pieds. Qu'elle a droit au respect au même titre que n'importe qui.

En ce qui concerne les commentaires de gens que je ne connais que très peu, voir pas du tout, j'essaye d'y porter le moins d'importance possible, même si il m'arrive de répondre aussi.

" Il m'arrive de donner des conseils non-sollicités... Comment savoir si je vais froisser ou non ?"


Déjà, il faut se poser la question : "ai-je vraiment mon mot à dire à ce sujet ?". Il y a effectivement des sujets pour lesquels seuls les parents ont leur mot à dire et personne d'autre. Il n'est donc pas nécessaire d'user de son temps et de sa salive pour quelque chose qui ne nous regarde manifestement pas. 

Ensuite, il faut essayer de mettre les formes à aux conseils que l'on donne. Forcément, quand quelqu'un me dit "Tu ne devrais pas faire ça.", je me sens tout d'abord infantilisée, je sens que la personne est fermée dans ses idées et n'a pas du tout envie d'entrer dans une discussion où je pourrais moi aussi exposer mon point de vue et mes arguments. Il est possible de formuler les choses autrement : "Tiens ! Tu fais comme ça toi ? Pourquoi ? Ton point de vue m'intéresse !". Forcément, la deuxième option ouvre l'échange et a un ton moins moralisateur. Ça donne la possibilité au parent de s'expliquer sur sa façon de faire si il en a envie, et permet à la personne qui questionne d'elle aussi exposer son point de vue ! La première option me donne souvent envie de répondre "Mais de quoi tu te mêles ?".

Demandez-vous ensuite si votre conseil va vraiment apporter quelque chose de positif. Il arrive parfois que des commentaires laissent des parents complètement désemparés face à une situation à laquelle ils ne peuvent finalement plus grand chose.

Je parle de tout cela dans le contexte de la parentalité, mais ce sont des choses qui à mon sens devraient s'appliquer au quotidien. Tout le monde devrait se poser ces questions avant de vouloir donner un conseil sans y avoir été invité. 

Il s'agit aussi de respecter l'autre et ses convictions, même si vous êtes en désaccord avec celles-ci. Je ne demande à personne d'être en accord avec mes choix, je ne suis pas contre le fait de débattre mes idées, où d'en accueillir de nouvelles. Mais je demande à ce que mes choix soient respectés. L'échange est possible sans être dans le jugement. 

Tous dans le même bateau...


Ce qui me choque le plus au final, c'est tous ces jugements mutuels alors que nous sommes tous parents confrontés à des difficultés plus ou moins différentes. 

L'éducation d'un enfant est très complexe. Si un mode d'emploi unique existait, il serait sans doute notre livre de chevet. Et si au final, nous faisions tous au mieux ? Si on final nous faisions tous ce que nous pouvons ? Si au final nous apprenions à échanger sans vouloir juger et sans donner des leçons à la personne en face. 

Si l'on se sent en difficultés, il est impératif de savoir demander conseil, ou de s'entourer des bons professionnels. J'ai la chance d'être entourée de professionnels en qui j'ai confiance et qui s'avèrent être très compétents. J'ai également la chance d'avoir certains amis à qui je peux parler sans me sentir juger et qui savent me répondre avec beaucoup de bienveillance. 

Oui, vous ferez des erreurs et oui, vous n'aurez pas toujours les réponses face à certains questionnements. Mais au milieu de tous ces questionnements et conseils plus ou moins bienvenus, il faudra apprendre à faire confiance en nos capacités parentales.

Cessons de vouloir résoudre les problèmes des autres alors que nos propres problèmes nous donnent déjà bien assez de travail. 

Pour finir...


Les seules choses que je ne peux tolérer et que je trouve injustifiables sont la violence et la désinformation. Si je vois un parent se montrer violent à l'égard de son enfant, j'essaierai d'intervenir dans la mesure du possible, comme j'interviendrais si je voyais une personne en taper une autre ou taper son animal. Un enfant mérite mon assistance au même titre que n'importe quel être vivant, même si ce n'est pas le mien. 

Quant à la désinformation, beaucoup de parents sur les réseaux sociaux donnent des conseils en étant complètement mal informés ou non-documentés. Par pitié, documentez-vous et n'influencez pas des gens dans leurs choix en leur racontant des énormités.



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