Les conseils non-sollicités. Ce fléau.

Tuesday, December 4, 2018

Et si on mettait les choses au clair concernant tous ces conseils non-sollicités ? 


Depuis le début de ma grossesse et encore plus depuis l'arrivée d'Aria, beaucoup de gens autour de moi ressentent le besoin vital de me donner des conseils, très souvent non sollicités. Comme si ma grossesse, ma maternité, la paternité de mon mari ou encore mon enfant devenaient la propriété de tous.

Pourquoi réagissons-nous plutôt négativement face aux conseils non-sollicités ? 


Effectivement, il y a plusieurs types de conseils, et je pense que tous les parents savent à peu près les différencier. Il y a par exemple les conseils bienveillants, de proches qui vous sentent dans la difficulté par exemple, ou de professionnels qui vont échanger avec vous pour votre bien-être ou celui de votre enfant. Je n'ai jamais vu ces conseils d'un mauvais œil, bien au contraire. 

Puis il y a les conseils des personnes qui sont, pour des raisons X ou Y certainement valables, en désaccord avec vos principes d'éducation, votre façon de vivre, et j'en passe. Des conseils souvent malveillants, donnés de façon fermée à l'échange et au débat, à coup de "tu aurais dû...", "tu devrais...", "tu ne devrais pas...". 

Nous réagissons mal face à ces conseils car ils sont généralement très infantilisants et moralisateurs. Quand je reçois ce genre de commentaires, j'ai l'impression qu'on veut remettre en question ma liberté d'éduquer mon enfant comme je le souhaite.

Je ne sais pas pour vous, mais ces conseils ont tendance à me blesser davantage lorsqu'ils sont donnés par un proche. Forcément, j'y accorde plus d'importance que si ils étaient donnés par un vulgaire inconnu. Pourquoi est-ce que ça me touche plus ? Même si mon raisonnement peut paraître bête, j'ai envie de plaire à mes proches.

Encore une fois, je ne mets pas dans le sac les professionnels (puisque souvent leurs conseils sont bienveillants et justifiés, en prenant en compte l'environnement des parents et de l'enfant), mais ce qui m'agace davantage est quand une personne qui n'a pas d'enfants et dont la petite enfance n'est pas le métier vient me donner des conseils sur la manière de gérer mon bébé. 

Savoir répondre, une question d'amour propre. 


Depuis toujours, je n'ai jamais aimé contrarier les autres. J'ai toujours eu tendance à vouloir arrondir les angles, à ne pas vouloir froisser, en mettant parfois de côté mon amour propre même si je me sentais blessée après une remarque. Je me retrouvais parfois même à m'excuser d'avoir sollicité l'envie de faire des commentaires.

Depuis ma grossesse, je n'ai plus envie de cela. Je réponds toujours à ces conseils de façon construite en expliquant mes choix et pourquoi le pseudo-conseil a pu me blesser.

Pourquoi je m'épuise à me justifier me direz-vous ? Bien sûr je ne fais pas cela avec tout le monde, je fais ça avec les personnes à qui je tiens en montrant que, oui, je ne suis pas en accord avec eux, mais  je ne suis pas fermée au dialogue, que les choses peuvent juste être dites d'une autre manière. C'est aussi une manière d'imposer mes limites. Et imposer ses limites, c'est aussi prendre soin de soi !

Je choisis également de répondre pour ma fille. Je n'ai pas envie de lui montrer un exemple qui lui ferait penser que les gens ont le droit de commenter ses moindres faits et gestes avec des mots blessants. J'ai envie de lui montrer qu'il faut aussi parfois imposer ses limites et ne pas se laisser marcher sur les pieds. Qu'elle a droit au respect au même titre que n'importe qui.

En ce qui concerne les commentaires de gens que je ne connais que très peu, voir pas du tout, j'essaye d'y porter le moins d'importance possible, même si il m'arrive de répondre aussi.

" Il m'arrive de donner des conseils non-sollicités... Comment savoir si je vais froisser ou non ?"


Déjà, il faut se poser la question : "ai-je vraiment mon mot à dire à ce sujet ?". Il y a effectivement des sujets pour lesquels seuls les parents ont leur mot à dire et personne d'autre. Il n'est donc pas nécessaire d'user de son temps et de sa salive pour quelque chose qui ne nous regarde manifestement pas. 

Ensuite, il faut essayer de mettre les formes à aux conseils que l'on donne. Forcément, quand quelqu'un me dit "Tu ne devrais pas faire ça.", je me sens tout d'abord infantilisée, je sens que la personne est fermée dans ses idées et n'a pas du tout envie d'entrer dans une discussion où je pourrais moi aussi exposer mon point de vue et mes arguments. Il est possible de formuler les choses autrement : "Tiens ! Tu fais comme ça toi ? Pourquoi ? Ton point de vue m'intéresse !". Forcément, la deuxième option ouvre l'échange et a un ton moins moralisateur. Ça donne la possibilité au parent de s'expliquer sur sa façon de faire si il en a envie, et permet à la personne qui questionne d'elle aussi exposer son point de vue ! La première option me donne souvent envie de répondre "Mais de quoi tu te mêles ?".

Demandez-vous ensuite si votre conseil va vraiment apporter quelque chose de positif. Il arrive parfois que des commentaires laissent des parents complètement désemparés face à une situation à laquelle ils ne peuvent finalement plus grand chose.

Je parle de tout cela dans le contexte de la parentalité, mais ce sont des choses qui à mon sens devraient s'appliquer au quotidien. Tout le monde devrait se poser ces questions avant de vouloir donner un conseil sans y avoir été invité. 

Il s'agit aussi de respecter l'autre et ses convictions, même si vous êtes en désaccord avec celles-ci. Je ne demande à personne d'être en accord avec mes choix, je ne suis pas contre le fait de débattre mes idées, où d'en accueillir de nouvelles. Mais je demande à ce que mes choix soient respectés. L'échange est possible sans être dans le jugement. 

Tous dans le même bateau...


Ce qui me choque le plus au final, c'est tous ces jugements mutuels alors que nous sommes tous parents confrontés à des difficultés plus ou moins différentes. 

L'éducation d'un enfant est très complexe. Si un mode d'emploi unique existait, il serait sans doute notre livre de chevet. Et si au final, nous faisions tous au mieux ? Si on final nous faisions tous ce que nous pouvons ? Si au final nous apprenions à échanger sans vouloir juger et sans donner des leçons à la personne en face. 

Si l'on se sent en difficultés, il est impératif de savoir demander conseil, ou de s'entourer des bons professionnels. J'ai la chance d'être entourée de professionnels en qui j'ai confiance et qui s'avèrent être très compétents. J'ai également la chance d'avoir certains amis à qui je peux parler sans me sentir juger et qui savent me répondre avec beaucoup de bienveillance. 

Oui, vous ferez des erreurs et oui, vous n'aurez pas toujours les réponses face à certains questionnements. Mais au milieu de tous ces questionnements et conseils plus ou moins bienvenus, il faudra apprendre à faire confiance en nos capacités parentales.

Cessons de vouloir résoudre les problèmes des autres alors que nos propres problèmes nous donnent déjà bien assez de travail. 

Pour finir...


Les seules choses que je ne peux tolérer et que je trouve injustifiables sont la violence et la désinformation. Si je vois un parent se montrer violent à l'égard de son enfant, j'essaierai d'intervenir dans la mesure du possible, comme j'interviendrais si je voyais une personne en taper une autre ou taper son animal. Un enfant mérite mon assistance au même titre que n'importe quel être vivant, même si ce n'est pas le mien. 

Quant à la désinformation, beaucoup de parents sur les réseaux sociaux donnent des conseils en étant complètement mal informés ou non-documentés. Par pitié, documentez-vous et n'influencez pas des gens dans leurs choix en leur racontant des énormités.



1 comment

  1. C'est vraiment intéressant! Essayez https://nexter.org/fr/ pour trouver plus d'actualités sur les célébrités, les films et autres choses intéressantes.

    ReplyDelete

Retrouvez-moi sur Instagram !

© Lady Dine. Design by FCD.