Co-dodo, sommeil de bébé. Mon retour d'expérience.

Thursday, November 21, 2019

Bonjour à tous,
je "profite" d'être alitée depuis quelques jours avec la grippe pour vous écrire cet article sur mon point de vue concernant le co-dodo et mon expérience du sommeil de bébé. Encore une fois, j'écris ici mon expérience. Je ne suis en aucun cas un modèle ou une référence. J'espère que ce témoignage aidera, mais si vous rencontrez de réelles difficultés ou si vous vous posez des questions, il existe des tas de professionnels qui pourront répondre à vos questions (éducateurs de jeunes enfants, pédiatres, sages femmes, etc.). 

Mon envie de faire cet article est venue ce week-end, en partageant une sieste avec Aria, comme j'adore le faire. 



Pour commencer, parlons co-dodo...


Lorsque l'on me posait la question alors que j'étais enceinte, j'avais une position assez ferme concernant les nuits : "Mon bébé dormira dans sa chambre dès le retour de la maternité, hors de question de lui donner de mauvaises habitudes !". Mais ça, c'était avant d'accoucher et de séjourner à la maternité avec le landau juste à côté de mon lit... Je trouvais ça très rassurant d'entendre Aria à côté de moi, de pouvoir réagir immédiatement en cas de reflux, et d'avoir simplement à tendre les bras lorsqu'elle réclamait la tétée. 

À mon retour de la maternité, il était inconcevable pour moi d'enfermer mon si petit bébé tout seul dans sa chambre. Nous avons alors installés le landau d'Aria dans notre chambre pendant les 4 premiers mois.

Cependant, il était inenvisageable, pour moi comme pour Cyril, qu'Aria dorme dans notre lit. Pendant la grossesse, j'avais déjà été très sensibilisée à la mort subite du nourrisson. Je n'ai jamais pris ça à la légère. Mais je n'étais pas non plus insensible lorsque je lisais tous les bienfaits que pouvait avoir le fait de dormir aux côtés de son enfant. Autrement dit, je ne voulais pas prendre de risques, mais je n'avais pas vraiment d'avis fermé sur le sujet. Ma dernière journée à la maternité m'a dissuadée davantage de ne pas dormir avec Aria. 

Je ne sais pas si cela se passe comme ça dans toutes les maternités, mais au centre hospitalier de Vannes, avant le retour à la maison, une infirmière pédiatrique vient donner toute une liste de conseils. L'infirmière qui est venue nous conseiller n'était pas malveillante, mais ses paroles m'ont beaucoup secouée (et avec la chut d'hormones, je vous laisse imaginer le tableau...). Elle a parlé pendant presque une demi-heure en énumérant tout un tas de choses. Je me suis d'abord dit que je n'y arriverais jamais, que je ne me souviendrais jamais de tout ce qu'elle était en train de nous raconter... Puis vient le sujet du co-dodo. Elle nous met en garde en nous disant de ne JAMAIS nous endormir avec notre bébé dans les bras, d'être très vigilants, et elle termine son laïus par une anecdote atroce : "Il y a deux semaines, dans cet hôpital, une femme s'est endormie avec son bébé de deux jours. Son bébé est tombé sur les roulettes des tables mobiles. Il n'a pas survécu.". Je suis restée hébétée. Après son départ de la pièce, je me suis levée pour aller prendre un verre d'eau quand Cyril m'a demandé "Ça va ? Tu as l'air complètement déboussolée ?". À ces mots, je me suis effondrée en larmes. J'étais sous le choc.

Ce discours a eu des conséquences sur notre comportement. Après notre retour à la maison, nous avons toujours été très attentifs. Je luttais pendant les tétées de nuit pour ne jamais m'endormir avec Aria. Cyril et mois avons fait des cauchemars pendant 3 mois. Nous nous réveillions la nuit complètement paniqués en pensant qu'Aria était dans nos bras, alors qu'elle était en réalité dans son couffin... En bref, nous avons été tellement traumatisés par ce qu'une personne nous avait dit à la maternité qu'on en avait des hallucinations ! 

Aria n'a jamais dormi avec nous pendant les 6 premiers mois de sa vie ! Puis sont arrivés les premières douleurs dentaires...

Et c'est là que j'aborde le sujet du sommeil...


Tous les bébés sont très différents à ce sujet, mais beaucoup de choses peuvent venir perturber leur sommeil. Reflux, coliques, poussées dentaires, etc. Nous avons été relativement chanceux sur ce sujet. 

Lors des 6 premiers mois de sa vie, Aria a fait des nuits de FOLIES. Déjà à la maternité, elle dormait jusqu'à 12 heures par nuit. Les auxiliaires de puériculture me tannaient pour que je la réveille et que je la fasse téter (je ne l'ai jamais fait puisqu'elle n'était absolument pas en situation de malnutrition...). 

Elle pouvait faire des nuits avec deux ou trois réveils pour des tétées, mais elle se rendormait facilement. Nous la posions dans son lit et il était facile pour nous de dormir suffisamment pour être en forme. 

Même en période de coliques, Aria n'a jamais pleuré la nuit. Elle pouvait grogner parfois dans son sommeil car elle était gênée mais nous n'avons jamais eu à la bercer des heures entières pour la calmer. Nous nous disions souvent que notre vie avait changé radicalement sur plein de points, mais que nous n'étions pas plus fatigués qu'avant.

Nous n'avons pas fait beaucoup d'investissements pour aider Aria à faire ses nuits. La seule chose que nous avons acheté est une peluche à bruits blanc de la marque GRO, et Aria l'adore et l'allume tous les soirs pour s'endormir. Elle est top, très jolie et coûte beaucoup moins cher que les peluche MyHummy qui sont vendues une fortune ! 

En août 2018, Aria a eu ses premières douleurs dentaires. Après une première nuit blanche à avoir donné la tétée sans qu'elle ne se rendorme, j'ai rapidement craqué en disant à Cyril qu'elle pouvait finir sa nuit entre nous. C'est à partir de ce moment-là que nous avons commencé à co-dodoter quand Aria en ressentait le besoin. 

Cela n'a pas toujours été facile, car il faut le dire : plus l'enfant grandit, plus il prend de place. De plus, Aria bouge beaucoup pendant son sommeil, donc autant vous dire que les baffes et les coups de pieds en plein milieu de la nuit, on en a pris ! Mais nous avons suivi notre instinct. Nous avons senti qu'à certains moments, nous n'avions pas d'autres solutions plus confortables, que cela soit pour elle ou pour nous, que de la faire dormir entre nous. 

La période la plus difficile a été de janvier 2019 à septembre 2019. Pendant cette période de presque 9 mois, nous avons connu peu de nuits complètes sans au moins 3 réveils nocturnes. Au-delà des réveils, Aria avait de grosses difficultés à s'endormir le soir. Elle voulait rester avec nous et pouvait lutter des heures entières pour ne pas s'endormir. Nous avons passés nos soirées à son chevet en se demandant quand est-ce que cela allait cesser. Au mois d'août, nous commencions à atteindre notre limite, nous n'en pouvions plus.

Nous étions tellement à bout que nous avons fini par nous tourner vers une association et un micro-kinésithérapeute  pour essayer de nous en sortir. Nous n'avons pas toujours eu des conseils bienveillants, y compris dans certaines associations où des professionnels nous ont clairement dit de laisser pleurer notre fille. Bien sûr il nous est arrivé de la laisser pleurer 5 minutes pour reprendre notre souffle. Mais c'était pour mieux revenir vers elle, sans être tendu ou énervé. Mais nous n'avons jamais craqué et ne l'avons jamais laissé pleurer.

Nous sommes fiers d'avoir tenu bon, car au final, Aria s'est endormie seule quand elle s'est sentie prête. Il n'est pas toujours évident d'aller au rythme de son enfant, c'est même parfois usant, épuisant... Mais c'est un tel bonheur lorsque l'on voit les évolutions de son enfant au moment où il se sent prêt.

Mon avis en résumé...


Je pense que le co-dodo peut être faisable les premiers mois avec du bon matériel (lit spécial co-dodo) mais qu'il ne doit pas être pris à la légère. Un accident peut vite arriver et à mon sens, ce n'est absolument pas négligeable. À partir du moment où un bébé sait se retourner et bouger sans aide, le co-dodo est parfois une alternative indispensable au sommeil de toute la famille (sinon, nous n'aurions probablement jamais craqué) ! 

La leçon que je tire de mon expérience est encore une fois LA CONFIANCE. Il faut savoir s'écouter, suivre son instinct et se faire confiance. J'ai reçu tout un tas de conseils pour aider ma fille à s'endormir que j'ai parfois appliqué. Mais ma fille s'est mise à s'endormir seule uniquement quand ça a été le bon moment pour elle. La seule chose utile que j'ai faite pendant ces derniers mois a été de l'accompagner. 

Et pour terminer, si votre situation actuelle vous parait interminable, insupportable, gardez bien en tête que votre enfant grandit chaque jour, et que les difficultés que vous rencontrez sont forcément temporaires. 

J'espère sincèrement que cet article en aidera certains, et si il ne vous aide pas, j'espère au moins que vous aurez pris plaisir à le lire. 

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